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Comment se forger un mental d’acier pour réussir sa recherche d’emploi ? – Interview de Mathieu Soriano

Voici l’interview de Mathieu Soriano, coach, hypnothérapeute et pilote chez Air France.

Mathieu a développé des outils inspirés de ces trois domaines et s’est formé auprès de Tony Robbins (qui a coaché Nelson Mandela, Bill Clinton ou encore Serena Williams pour ne citer qu’eux) pour guider ses clients dans l’accomplissement de leurs objectifs.

Dans cette interview, Mathieu partage notamment :

  • Des suggestions d’outils à déployer avant vos entretiens pour booster votre énergie et votre confiance en soi : (7:55), (10:30), (13:15), (14:45), (16:40)
  • Comment détruire les croyances limitantes qui vous bloquent et passer à l’action ?  (21:55), (28:25)

 

Vous pouvez également retrouver Mathieu sur son site professionnel en cliquant ici.

Cliquez sur “Play” pour écouter le podcast ou faites un clic droit ici puis cliquez sur “télécharger” pour le recevoir directement sur votre appareil (par exemple pour l’écouter sur votre smartphone) !

 

TRANSCRIPTION TEXTE DU PODCAST :

Adrien Vaysset

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau podcast du blog Technique Emploi. Je m’appelle Adrien Vaysset.

Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir Mathieu Soriano, coach, hypnothérapeute et aussi pilote chez Air France.

Bonjour Mathieu.

 

Mathieu Soriano

Bonjour.

 

Adrien Vaysset

Merci d’être présent aujourd’hui et d’avoir accepté mon invitation. C’est un plaisir de te recevoir sur Technique Emploi.

L’approche de Mathieu est très intéressante dans la mesure où son travail consiste à exploiter les outils qui sont tirés des 3 métiers dans lesquelles il exerce pour aider les gens à accomplir leurs objectifs. Comme par exemple :

  • Développer leurs chiffres.
  • Vaincre leurs peurs.
  • Avoir plus confiance en nous.

Ça c’est très intéressant.

Et en plus de ça il a été un peu partout dans le monde en tant que coach directeur. Donc pour toutes ces raisons ça vaut le coup de l’écouter, il va avoir de nouvelles astuces à vous proposer pour progresser dans votre recherche d’emploi et dans la vie professionnelle.

Ce que je te propose Mathieu c’est que dans un premier temps tu te présentes. Est-ce que tu peux nous dire qui tu es et nous parler de tes différentes activités ?

 

Mathieu Soriano

Avec plaisir.

Mon parcours professionnel est un petit peu atypique. Au départ il était plutôt formel. J’ai fait un bac S. Ce qui m’intéressait c’était d’être pilote de ligne donc je suis parti en prépa et j’ai intégré l’école nationale d’aviation civile, l’ENAC.

J’ai eu une formation sur environ 3 ans et à la sortie j’ai été embauché chez Air France. Chez Air France j’ai fait 9 ans de moyens courriers et là ça fait à peu près 2 ans que je suis sur des longs courriers, avec des rythmes qui sont différents, décalés.

Et ce qui m’a permis de développer mon cabinet, quand il y a eu la crise financière à partir de 2008, ça nous a laissé pas mal de temps libre. L’activité aérienne a commencé à décliner un petit peu et je me suis retrouvé avec du temps que j’ai mis à profit.

Au départ ce qui m’a intéressé c’est l’hypnose.

Ce qui était rigolo c’est que j’avais une image très ésotérique de l’hypnose au départ. Pour moi c’était un truc avec le pendule et des espèces de charlatans qui essayaient d’escroquer les gens.

J’y suis donc allé de manière sceptique. Et finalement, les très sceptiques, une fois convaincus, sont les meilleurs portes drapeaux. Donc l’histoire est assez marrante.

J’y étais allé au départ pour moi parce que j’étais très anxieux, j’avais tendance à stresser pas mal pour pas mal de choses. Et j’avais été tellement bluffé par les résultats que j’ai commencé à me former.

Donc j’ai monté un cabinet, que j’ai ouvert en 2012. Et puis je me suis rendu compte que l’hypnose était hyper efficace pour pas mal de domaines, notamment pour :

  • Gérer les émotions
  • Dépasser les peurs
  • Avancer dans des étapes de vie suite à un accident ou un deuil à faire par exemple

Il arrivait souvent que certaines personnes dépassent leurs problématiques et puis retombent dans une problématique un petit peu similaire.

Et souvent parce qu’ils leur manquaient un cadre sur comment évoluer dans la vie.

Sur ça, comme tu l’as dit en présentation, je suis allé me former auprès de Tony Robbins. Au début je voulais comprendre comment font les personnes qui réussissent dans tous les domaines. Quelles boucles elles suivent justement pour réussir, que ce soit par exemple :

  • Dans leurs relations
  • Dans le milieu professionnel
  • Dans le sport

Petit à petit j’ai adapté les outils du coaching, les outils de l’hypnose et je suis venu y mettre moi ma formation initiale, c’est-à-dire la formation de pilote, où on nous apprend pas mal justement à gérer nos émotions, à prendre du recul, à prendre des décisions de manière très rapide et très fiable.

L’idée c’était d’assembler un peu toutes les techniques que j’avais vu dans l’hypnose, dans le coaching et dans le métier de pilote et de les transmettre aux personnes que je suivais.

Au départ, ça s’est fait de manière individuelle, puis petit à petit on m’a demandé d’adapter tous ces outils-là dans le milieu de l’entreprise puis des écoles. Essentiellement écoles de commerces et écoles d’ingénieurs, puis parfois dans des écoles de communications, de pubs.

Et là vraiment la mission est assez simple.

  • Comment est-ce qu’on va chercher de l’expérience le plus rapidement possible ?

Si par exemple c’est pour une négociation à mener :

  • Quelles sont les stratégies d’influence les plus pertinentes ?

La dernière fois j’accompagnais un groupe de sportifs de haut niveau. Ok il y a une performance privée.

  • Comment est-ce que le plus rapidement possible j’arrive à mobiliser mes ressources pour aller chercher un objectif ?

Donc voilà un petit peu le portrait général de mon parcours et de ce que je fais au quotidien aujourd’hui.

 

Adrien Vaysset

C’est vachement intéressant et valorisant pour les personnes qui ont besoin d’aides dans ces domaines-là.

Est-ce qu’il t’arrive des fois de coacher des personnes qui sont en recherche d’emploi ou qui ont besoin de s’accomplir dans leur vie professionnelle ? Est-ce que tu as ce type de personnes ?

 

Mathieu Soriano

Oui. Alors souvent ceux que je reçois c’est ceux qui font une transition professionnelle. Les premières recherches d’emploi, j’en ai eu quelques-unes, mais ce n’est pas le plus gros de la demande.

Par contre aujourd’hui on se rend compte qu’il y a pas mal de jeunes qui partent dans une voie parce que ça correspond à leurs études, ou en tout cas ce qu’ils imaginaient être les débouchés naturels de leurs études, et puis certains, on parle beaucoup de sens aujourd’hui, et il y en a pas mal qui ne trouvent pas forcément de temps pour leur travail, ou qui ne sont pas forcément aligner sur les valeurs de leur métier.

Et c’était des choses dont ils n’avaient pas forcément conscience avant. Ce sont des personnes qui souvent vont commencer à s’ennuyer, à décrocher un peu, à avoir moins d’envie. Des personnes comme ça j’en reçois pas mal. Ça et les Burns out aussi. C’est pareil. Des gens qui vont vraiment jusqu’au carton dans un emploi et qui n’en peuvent plus. « C’est plus ce rythme dont j’ai envie. Même si avant c’était bon, je préfèrerais faire quelque chose qui est plus aligné sur la personne que je suis là ».

 

Adrien Vaysset

C’est clair. Est-ce que tu aides aussi des personnes sujettes au stress ou aux angoisses ?

Qui ne parviennent pas à gérer leurs émotions comme dans leur recherche d’emploi ou leurs conditions professionnelles. Est-ce que c’est une thématique qui revient souvent pour toi ?

 

Mathieu Soriano

Énormément. Et vraiment pour moi, quelque soit le domaine aujourd’hui, que tu prennes le sport de haut niveau, tu prends un acteur avant de monter sur scène, tu prends une personne qui arrive à un haut degré de compétence dans une entreprise, je pense vraiment que 80% de ce qui se joue c’est les émotions.

Pourquoi ?

Parce que, comme on le voit tous les jours, tu as des personnes qui techniquement sont très compétentes, mais si à un moment-donné l’émotion vient faire dérailler cette compétence, et bien cette compétence ne vaut plus rien.

 

Le meilleur exemple que je trouve c’est la prise de parole en public.

Tu as des gens qui sont hyper pointus sur leurs sujets. Ils sont en général très facilement capables d’aborder ce sujet avec une personne lambda, quand ils sont avec 3 ou 4 personnes. Et par contre, ces mêmes personnes, dès que tu les mets sur une scène devant un public, il y a une perte totale de moyen.

  • Elles vont se mettre à bégayer
  • Elles vont se mettre à avoir des trous de mémoire
  • Elles vont avoir une sueur excessive
  • Elles vont avoir une voix qui part dans tous les sens

On se rend compte que c’est rarement un problème de compétence mais un problème de comment est-ce que j’arrive à mobiliser mes compétences.

C’est pour moi vraiment les émotions, le but d’une émotion, c’est de sublimer une compétence quand tu sais bien les gérer. Et malheureusement c’est aussi d’entraver une compétence quand tu subis quelque part ces émotions.

 

Adrien Vaysset

Oui c’est à double tranchant quoi.

 

Mathieu Soriano

Oui un peu oui.

 

Adrien Vaysset

Et du coup quels outils tu pourrais proposer à une personne qui est sujette au stress dans sa recherche d’emploi et qui ne parvient pas à oser ?

C’est-à-dire qui n’ose pas négocier son salaire, qui a du mal à s’exprimer devant le directeur, qui hésite à tester des méthodes un peu plus précises dans ses recherches d’emploi.

Qu’est-ce que tu aurais à proposer à ces personnes-là ?

 

Mathieu Soriano

La première chose c’est vraiment de passer par le corps. Si tu veux une émotion c’est quelque chose qu’il y a dans tout physique.

Et malheureusement, nous on nous a appris à beaucoup nous servir de nos têtes et pas beaucoup de notre corps. Ce qui fait que les personnes ont commencé, quand elles rentrent dans une période d’émotions, donc qui commencent à stresser, à se raconter des histoires.

« Tiens, il ne faut pas que je stresse ». Évidemment ça n’a jamais permis d’enlever le stress.

Si je te dis « Ne penses pas à une panthère rose », évidemment la première image que tu as c’est une panthère rose.

Donc ça, on sait que ça ne marche pas.

En revanche, ce sur quoi on peut agir directement c’est notre corps. On s’est rendu compte, et par exemple il y a une très belle conférence faite que ton public que suivre, qui s’appelle « Your body language form who you are ». C’est Amy Cuddy qui a fait ça.

 

Adrien Vaysset

Ah oui j’ai fait un article là-dessus justement.

 

Mathieu Soriano

Ce qu’elle nous apprend c’est qu’il y a des postures de contraction et des postures d’expansion.

Sur une posture de contraction, on va avoir son taux de cortisol qui est plus important. Malheureusement c’est l’hormone du stress.

Et à contrario, la testostérone qui est une hormone de la prise de risque, de la confiance, qui va s’effondrer de plus de 20%.

 

Et aujourd’hui, quand tu regardes dans les salles d’attentes avant un entretien d’embauche, que font la plupart des gens ?

  • Ils sont assis dans un recoin.
  • Ils ont les jambes croisées.
  • Ils ont les épaules basses.
  • Ils ont la tête en bas.
  • Ils sont scotchés sur leur téléphone.

C’est-à-dire que physiologiquement, ils sont en train de créer du stress, de générer du stress.

 

  1. Et la toute première chose à faire par rapport à ça, c’est de faire le contraire, c’est d’aller chercher une posture d’expansion.

Alors il ne s’agit pas de faire le gorille dans la salle, mais une des premières choses qu’apprend le comédien par exemple avant de monter sur scène, c’est d’occuper l’espace.

Donc moi, ce que je conseille toujours c’est déjà :

  • « Levez-vous dans la salle d’attente». De ne pas rester figé.
  • De vraiment lâcher les épaules.
  • Lâcher le corps.
  • De faire quelques pas. Pas des pas nerveux. Mais vraiment d’occuper l’espace.

 

  1. Ça c’est la deuxième chose quand je parle de nervosité. C’est que le rythme que tu adoptes va influencer tes émotions.

Si évidemment tu es sans arrêt en train de faire les 100 pas, de marcher vite, de bouger vite, forcément tu vas avoir un rythme intérieur qui va être très élevé, donc tes pensées vont avoir tendance à s’emballer.

 

La première chose à faire quand tu sens que le rythme t’échappe, c’est de volontairement ralentir.

Et ça, ce sera aussi valable pendant l’entretien.

Quant à un moment donné tu sens que les pensées se bousculent à l’intérieur, il faut ralentir le débit et poser des silences.

Non seulement ça véhicule la confiance, parce que ça va permettre de mettre en relief ton discours (première chose), mais en plus le simple fait de ralentir va justement te permettre toi de structurer tes pensées et de ne pas balancer des choses à la va vite qui risquent de se retourner contre toi (seconde chose).

 

  1. Un troisième conseil qu’on peut prendre, qui est toujours physique.

Les gens souvent imaginent que s’ils avaient confiance ils parleraient fort. Mais les neurosciences nous apprennent que c’est le contraire.

Plus je vais porter ma voix, plus je vais parler fort, plus je vais ressentir justement une sensation de puissance, et donc par la même de confiance.

Et ça c’est quelque chose que n’importe qui peut tester à la maison. Tu peux même le tester sur des conversations classiques avec un pote, mais amuse-toi à parler fort. Et tu vas voir qu’automatiquement tu vas mettre beaucoup plus d’assurance, beaucoup plus de poids dans ce que tu es en train de dire.

Donc vraiment tu vois, sur la partie physique, il y a plein de choses à faire.

Un dernier petit kiff comme ça. Tu te rends compte qu’une personne qui est tendue, stressée, a un visage qui va se crisper. Et c’est terrible parce qu’elle va avoir un visage qui est moins expressif, qui va moins véhiculer les émotions auprès du recruteur.

Ça c’est pareil, c’est quelque chose qu’il faut apprendre à détendre.

Quand tu viens de faire un sport intense, en général tu vas commencer à t’étirer. Et bien on peut faire exactement la même chose pour préparer un entretien d’embauche avec le visage.

Se mettre à faire une espèce de gym, un espèce de yoga du visage, dans lequel tu contractes, tu décontractes les yeux, la bouche, les joues, pour vraiment permettre à ton visage de retrouver une certaine souplesse et de ne pas rester figé par l’enjeu de l’entretien.

Physiquement il y a pas mal de choses à faire en fait.

 

Adrien Vaysset

Ouais c’est vraiment de la gestion de son corps. Et quand on n’arrive pas à le gérer c’est compliqué.

Ce qui est marrant c’est ce que tu me disais tout à l’heure, par rapport au fait de rester debout.

Avant, quand j’étais commercial, la première chose qu’on m’a apprise c’est de ne jamais m’assoir quand j’attendais le client. C’était toujours d’être debout avec le petit sac à la main, la main droite prête à être serrée.

 

Mathieu Soriano

Si tu veux ça te prépare à être dynamique. Tu ne vas pas être en train de t’éteindre dans ton coin ni de stresser parce que justement c’est toi qui as les rennes de ton corps. Tu n’es pas en train de le subir quand tu fais ça.

Parce que c’est ce que fait la nervosité.

La nervosité va vraiment te rendre passif par rapport à ton corps. Tu vas subir une mauvaise posture. Tu vas subir une accélération du rythme cardiaque. Il va se passer plein de choses qui sont désagréables et qui se voient de l’extérieur.

 

Adrien Vaysset

En plus tu fais bien de le souligner, en plus d’influer sur nous-même ces postures, comme tu le dis, se voient à l’extérieur. C’est-à-dire que quand le recruteur arrive et nous voit avachi sur notre chaise, la tête un peu penchante, ça lui renvoie déjà une mauvaise impression.

Tandis que si la personne est au contraire debout avec un grand sourire, prête à serrer la main et qui dit « Merci de me recevoir, je suis ravi de faire cet entretien », là ça véhicule un message totalement différent.

Donc ça influe à la fois sur nous et aussi sur la perception que le recruteur, que les autres personnes ont de nous aussi.

 

Mathieu Soriano

Par rapport à ça aussi, je suis en train de te lister des petits trucs que j’ai déjà utilisé, mais il y a un truc qui est hyper important, c’est comment justement tu apprends toi-même à changer d’état émotionnel ?

  • Une des choses qui influence le plus sur nous c’est la musique.

Donc un truc qui est très simple à faire, je conseille souvent aux gens, s’il y a un métro qui est juste à la sortie de chez le recruteur, c’est de sortir une sortie avant pour avoir un peu de marche.

Toujours pareil. Ça va prendre un petit peu l’espace, tu es dans un rythme dynamique, et surtout c’est un temps pendant lequel tu vas pouvoir profiter pour mettre une musique qui est stimulante.

Je sais que si je donne des cours par exemple dans une école de commerce, il y a 10 minutes qui me sépare à pieds du métro à l’école, c’est 10 minutes pendant lesquelles que vais me conditionner à passer à l’action.

L’idée à travers ça, c’est de ne pas démarrer à froid.

Un sportif a toujours un échauffement avant une course. De la même manière, un recruté va devoir s’échauffer avant son entretien. Et la meilleure façon c’est :

1 – je passe par le corps

2 – je vais commencer à écouter une musique qui va me permettre de me mettre dans les meilleures prédispositions

S’il y a quelque chose qui a tendance à mettre la pêche, c’est ça qu’il faut écouter.

Ça c’est la première solution.

 

  • La deuxième solution que je trouve encore mieux.

Si les personnes ont la possibilité avant l’entretien, c’est d’appeler un pote qui les fait rire, ou quelqu’un en tout cas avec qui il y a une bonne relation dynamique.

Pourquoi ?

Imagine que tu as un entretien d’embauche à 9H00 du mat’.

  • De toute la nuit tu n’as parlé à personne.
  • De toute la matinée tu n’as parlé à personne.

Et de but en blanc on en revient à cette notion d’échauffement qui est de devoir faire la meilleure impression possible auprès de la personne que tu as en face. C’est vachement compliqué.

Alors que tu prends 5 minutes :

  • Tu appelles un proche, un membre de ta famille, quelqu’un qui est plutôt optimiste et qui te met dans une bonne énergie, tu vas délier ta langue.
  • Tu vas commencer à rigoler, à blaguer.

Et c’est pareil, ça va te conditionner à être beaucoup plus naturel quand tu vas être en face de ton recruteur.

 

Adrien Vaysset

D’accord. Donc si je résume un peu ce que tu disais, l’idéal pour les candidats qui font des entretiens d’embauche, serait de se faire un petit protocole en amont de l’entretien. Par exemple appeler un ami, faire tous ces gestes dont on a parlé, pour être dans les meilleures conditions possibles.

 

Mathieu Soriano

Voilà. Tout ce que je t’ai donné c’est une boite à outils. Ça ne veut pas dire qu’on est obligé de tout le temps les utiliser tous, mais l’idée c’est de pouvoir piocher dedans.

Pourquoi ?

Pour ne pas paniquer.

Si une personne aime bien le coup de fil à un ami, le jour où à 5H du mat’ personne n’est dispo’, ce n’est pas gênant, il y a la musique à fond, il y a le yoga du visage, il y a le fait de gérer la posture.

Il faut bien être conscient qu’on n’a pas besoin de tout faire pour réussir. Par contre plus ton panel d’outils est large, plus tu pourras, quelque soit le contexte, en avoir toujours un ou deux sous la main que tu pourras utiliser assez facilement.

 

Adrien Vaysset

D’accord. Il y a également une vidéo que tu avais faite sur YouTube où tu parlais d’ancrage, du fait de lier l’émotion à un geste.

 

Mathieu Soriano

Tout à fait. En fait ton cerveau, inconsciemment, a une tendance à toujours lier 2 choses qui sont présentes surtout quand il y a une émotion forte. D’accord ?

La plupart des gens je suis sûr, tu leur demandes par exemple où ils étaient le 27 mars 2012, personne ne sait te répondre.

Tu demandes aux gens où ils étaient le 11 septembre 2001, là la plupart des gens, ça leur revient à l’esprit.

Pourquoi ?

Parce que l’émotion de ce moment-là a créé un lien. Donc ça te permet d’avoir la ressource disponible.

Il y avait Pavlov qui avait fait pas mal de recherches comme ça sur le conditionnement.

Ce conditionnement si tu veux ça n’a rien de magique, on le fait tous de manière naturelle. Par exemple tu sais il y a des parfums qui nous rappellent des personnes. Des lieux qui nous rappellent des souvenirs. Tout ça ce sont des ancrages.

 

  • Comment est-ce qu’on s’en sert de manière volontaire ?

On va par exemple se mettre dans une émotion, je vais te dire comment, et une fois que notre émotion a atteint son maximum, on va faire un geste. Et petit à petit, à chaque fois qu’on va remonter dans cette émotion, on va faire le même geste. Petit à petit ton cerveau est en train d’apprendre que ce geste est égal à cette émotion.

Et ce qui se passe c’est que le jour où tu as besoin de cette émotion, tu vas faire le geste et l’émotion va remonter.

C’est exactement ce qu’on voit à Rolland Garros. Quand tu vois les tennismans, ils ont ces petits rituels. Ils vont par exemple faire rebondir la balle 2 fois, 3 fois la raquette dans un sens, 2 fois dans l’autre avant de se préparer à servir ou avant de réceptionner.

C’est des espèces de mini-rituels qui vont nous amener d’un état normal à l’état désiré.

 

  • La première manière de faire c’est justement par le corps.

À chaque fois que tu es déjà dans cet état, tu vas faire un geste clé que tu auras déterminé à l’avance et auquel tu vas lier l’émotion que tu veux. D’accord ?

Par exemple, à chaque fois qu’en entrainement je sentais que j’étais bien, que les gestes étaient fluides, où j’étais vraiment dans une bonne dynamique, je répétais mon ancrage.

Et le jour de la course comme ça j’avais plus qu’à ressortir ça.

 

  • La deuxième manière de le faire c’est une manière beaucoup plus mentale.

Si tu prends un souvenir par exemple dans lequel tu as vécu un état émotionnel, par exemple si tu as besoin de confiance.

Et tu te rappelles que, si tu fais de la boxe par exemple, il y a un combat de référence dans ta tête où vraiment ce jour-là tu étais en pleine possession de tes moyens, t’avais la gagne, tu étais en même temps relâché et fluide, bref un truc parfait.

Et bien tu vas replonger dans ce souvenir-là, comme si tu y étais. Et tu vas te rappeler :

  • Qu’est-ce que je voyais ?
  • Qu’est-ce que j’entendais ?
  • Qu’est-ce que je ressentais ?

Petit à petit, en faisant ça, ton cerveau va te replonger, va te mettre en immersion dans ce souvenir. Et quand tu sens que tu arrives avec une émotion qui est en train de monter, monter, monter et bien tu vas ancrer à ce moment-là.

 

  • C’est une autre façon de se préparer.

Je te dis ça pourquoi aussi ? Parce qu’ils ont fait de très belles études là-dessus sur des basketteurs.

Ils ont pris 3 groupes.

  • Le premier groupe n’a pas touché un ballon en basket. Et au bout de 4 semaines on les a fait shooter.
  • Le deuxième groupe a eu un entrainement physique. Tous les jours ils shootaient 100 paniers à 3 points. Et puis 4 semaines après on les a testés.
  • Le troisième groupe a simplement fait une préparation mentale. Tous les jours, ils imaginaient shooter 100 paniers. Mais eux imaginaient qu’à chaque fois qu’ils lançaient la balle, elle tombait pile poil dans le cerceau et que systématiquement ils marquaient.

À la fin des 4 semaines, le groupe qui a fait le meilleur score est le groupe qui avait fait la visualisation. Ils ont même battu les gens qui ont eu l’entrainement physique réel.

Et là, une fois de plus, toujours dans cette logique de conditionnement, il va falloir préparer au maximum. Moi je le fais sous hypnose parce qu’en plus tu amplifies les résultats.

 

Donc quand j’ai une personne qui a une grosse situation à enjeu, je la mets sous hypnose et on va faire des répétitions mentales, et ensuite on va vraiment ancrer les répétitions qu’on a créé.

Si tu veux, l’idée c’est de créer le sentiment de certitude que la personne va réussir. Et ça, quand tu regardes un match de basket, de boxe, de n’importe quoi, tu le vois.

Il y a des gens, avant même qu’ils aillent au panier, ou même sur un penalty au foot, tu sens qu’ils vont réussir. Il y a une espèce d’assurance qui se dégage, et tu te dis que cette personne ne peut pas manquer.

Et à côté de ça tu vois des mecs justement qui ne sont pas bien, un peu fébriles. C’est pareil, ce mec-là tu te dis que tu es quasiment sûr qu’il va passer à côté. Et généralement notre intuition ne se trompe pas parce qu’il y a plein de petits signaux qui à un moment nous permettent de voir cette assurance chez une personne et qu’une fois de plus c’est cette assurance et cette émotion qui font que cette personne va réussir ou ne va pas réussir.

 

Adrien Vaysset

C’est incroyable. Ça me fascine la puissance du cerveau, à quel point ce genre de chose qui parait limite insignifiante peut avoir une incidente qui est énorme sur notre performance.

Tout ce que tu dis là reflète beaucoup le fait que pour beaucoup de chercheurs d’emploi il y a beaucoup de blocages dans la tête. Et en utilisant ce type d’outils, ça peut être un très bon moyen pour arriver à prendre confiance en soi et à mieux gérer ses émotions.

Du coup Mathieu ça m’amène à la seconde question.

Au cours de mon parcours, j’ai croisé pas mal de personnes qui n’arrivaient pas à se mettre en valeur sur le marché de l’emploi. Elles considèrent souvent que leur parcours ne les rend pas forcément légitimes pour le poste qu’elles visent.

Quels autres conseils ou outils tu pourrais leur donner pour avoir plus confiance en soi en plus de l’ancrage bien sûr ?

 

Mathieu Soriano

La première chose que je fais moi dans ces cas-là, c’est vraiment un bilan de compétences. Pas le bilan que tu fais à l’ANPE mais le bilan où la personne se pose devant une feuille de papier et se dise « Ok, qu’est-ce qui fait que moi, en tant que personne, en tant qu’employé, j’ai de la valeur ? »

Parce que la plupart d’entre nous, justement, on a été éduqué à en vouloir plus et quelquefois ça vient masquer toutes nos compétences réelles.

  • Si quelqu’un parle anglais, c’est une compétence.
  • Si une personne a le permis de conduire, c’est une compétence.

Et le fait déjà d’attirer ton esprit vers les choses que tu possèdes déjà, ça va quelque part déjà te remplir et te donner une certaine forme d’assurance que tu vas pouvoir véhiculer chez le recruteur.

Alors que si une personne, à contrario, et c’est souvent les personnes que je reçois, qui va me dire « Pour ce poste je suis trop junior », « J’ai pas assez d’expérience », « J’ai pas assez de réseau », « Je parle pas un assez bon anglais », « En technique commerciale c’est pas là où j’excelle ».

Les gens vont passer leur temps à regarder ce en quoi ils ne sont pas bons. Et donc automatiquement ils vont s’attribuer une valeur faible. Ils vont attribuer une valeur au poste forte. Et cet écart, c’est souvent ça qui va générer la pression chez la personne.

 

  • Donc déjà, poser à plat, sans fausse modestie ni sur-confiance, mais vraiment de manière très honnête, se dire « Qu’est-ce que je sais faire ? », et de noter toutes les compétences.

Si je parle espagnol, même si ce n’est pas courant, j’ai un certain niveau d’espagnol. Donc je note tout.

  • La deuxième chose c’est de se dire « L’employé idéal pour ce poste-là, qu’est-ce qu’il a comme compétence ? »

Et tu vois, de faire une sorte de brossage de l’ensemble des compétences qui permettrait d’avoir à coup sûr ce poste-là et de commencer évidemment à travailler dessus.

Pourquoi ?

Parce que même si elles ne sont pas actives le jour de l’entretien, tu pourras dire au recruteur que tu es en cours d’acquisition. Et ça c’est hyper important.

  • 1 – pour le recruteur
  • 2 – pour toi, pour le recruté, parce qu’une fois de plus tu es actif dans ton parcours et tu n’es pas en train de subir en te disant que tu n’as pas telle compétence donc tu n’auras pas ce boulot-là

Tu vois ce que je veux dire ?

Ce n’est jamais gênant une personne qui n’a pas une compétence. C’est gênant une personne qui ne cherche pas à aller acquérir cette compétence.

 

Adrien Vaysset

Pourtant c’est les processus d’action et de progression personnelle.

 

Mathieu Soriano

C’est ça. J’avais écrit une phrase de Richard Branson « If somebody offers you an amazing opportunity but you are not sure you can do it, say yes – then learn how to do it later ! »

Il y a cette idée de prendre le risque, de se dire « Ok, peut-être que je ne sais pas encore le dire aujourd’hui. Je vous dis oui mais le temps que j’arrive à tel endroit je saurais le faire. »

C’est une espèce de pression positive que tu te mets en te disant que tu as pris un engagement et tu es le genre de personne qui tient un engagement donc tu vas aller chercher cette compétence-là.

 

Adrien Vaysset

Ça te force justement à progresser par toi-même parce que si tu restes sur ce principe de te dire que non tu n’as pas la compétence et de dire non à l’opportunité, au final tu ne vas jamais progresser. Tandis que si tu fais l’inverse, tu vas être obligé, comme tu dis, à faire une sorte d’engagement qui se fait et tu vas devoir travailler dur pour le jour J et pouvoir assurer sur ton poste.

C’est comme tu dis une force positive.

 

Mathieu Soriano

Oui voilà. Et après, dernier conseil, pour les gens qui ont vraiment de gros blocages, c’est dans ces cas-là que je passe sur l’hypnose, parce qu’on a tous construit des croyances.

Je ne sais pas si tu pourras faire un schéma pour tes auditeurs mais l’idée, quand on nait on a un espèce de cercle plein, qui est notre potentiel.

 

Notre éducation va quelque part barrer certaines zones de notre potentiel.

Exemple typique. Combien de fois on a entendu que les femmes étaient nulles en orientation ? Il n’y a aucune étude qui montre que les femmes sont plus mauvaises que les mecs. Mais c’est comme ça.

Un autre. Les hommes sont moins sensibles que les femmes. C’est pareil. Rien pour l’instant nous permet de valider cette chose-là.

N’empêche qu’à chaque fois que tu adhères, crois, à une de ces croyances, tu es entrain de te couper d’une petite partie de ton potentiel.

Et il y a un très bel exemple sur ça. Justement dans les cirques on voit de gros éléphants qui sont attachés avec une toute petite cordelette à un piquet. Souvent ça fait rire les gens. Comment c’est possible qu’un éléphant comme ça soit tenu par un piquet.

Il n’y a rien de plus simple. Quand l’éléphant est un petit éléphanteau, on l’attaque avec une énorme chaîne à une grosse structure en métal. De laquelle il n’a aucune chance évidemment de s’échapper. Donc l’éléphant va faire quoi ? Il va bouger dans tous les sens. Il va être agité. Il va essayer de tout arracher. Et il n’y arrive pas. Il essaie une heure, un jour, une semaine pour certains. Et à un moment-donné, c’est ça qui est intéressant, l’éléphant renonce.

 

Renoncer ça veut dire qu’une partie de lui a appris que quand il était attaché, il ne pouvait pas s’échapper.

Des années plus tard, quand il fait quelques tonnes et que tu l’accroches avec une cordelette à un piquet, il a toujours la croyance qu’il est incapable de s’échapper. Donc il est retenu simplement par une espèce de prison mentale qu’il s’est autocréé alors qu’aujourd’hui il serait complètement en mesure de l’arracher et de s’échapper.

Et je trouve que la plupart des gens dont tu parles justement, qui ont cette difficulté-là, ce sont des gens qui se sont construits des espèces de croyances, de prisons mentales, dans lesquelles ils se sont enfermés et qui souvent reposent sur pas grand-chose.

Le problème c’est qu’une croyance a tendance à s’autovérifier. Et la plupart du temps, lorsqu’une personne a une croyance, elle ne va voir que les choses qui vont dans cette direction-là et va avoir tendance à occulter tout ce qui pourrait la contredire.

Par exemple, quand une personne fait du bon boulot et croit que ce n’est pas le cas, et que tu le lui fais remarquer en lui disant « Putain t’as fait un super boulot ». Elle va attribuer ça à la chance, ou elle va attribuer ça à l’aide qu’elle a reçu, ou au contexte qui était favorable à ce moment-là. Il n’y a pas cette capacité à se dire « Ben non, c’est moi qui ai créé ce truc-là en fait ».

 

Adrien Vaysset

C’est dingue parce que si je prends l’exemple de la recherche d’emploi et du recrutement en France, c’est vrai qu’on est quand même dans un pays qui valorise beaucoup les icônes, qui met pas mal les gens dans des cases certes, mais au final moi je suis persuadé que ce n’est pas forcément le candidat qui remplit le plus de cases qui a le job mais celui qui a le plus d’envie.

Et tout ce que tu dis là ça permet de souligner le fait que les chercheurs d’emploi, les personnes qui veulent se reconvertir, se bloquent souvent par elles-mêmes vis-à-vis du recruteur et ça c’est vraiment dommage.

C’est intéressant que des personnes comme toi interviennent pour justement casser ces barrières et leur permettent d’exclure un potentiel comme tu dis.

 

Mathieu Soriano

Une façon de fissurer les croyances par exemple, c’est de se dire :

Tu vois quand tu es face à un blocage de ressource. Tu te dis « Ah je suis pas âgé pour tel poste ». C’est de se dire « Ok , est-ce qu’il a déjà existé des personnes de mon âge qui ont déjà eu ce poste-là ? »

De venir fissurer déjà la croyance, d’introduire au moins du doute dans la croyance.

Un an après avoir ouvert mon cabinet d’hypnose, j’ai travaillé en cancérologie. Et donc évidemment que j’ai eu ces croyances-là en me disant « Mais attends, je suis pas médecin, je suis pas professionnel de santé, j’ai pas d’expérience dans ce domaine ». Et il a fallut se battre un petit peu contre ça.

Et l’idée c’est donc de fissurer la croyance et ensuite d’aller poser les actions qui vont venir contredire la croyance limitante qu’on a dans sa tête.

  • 1 – j’identifie la croyance
  • 2 – je cherche à la fissurer en me disant si d’autres personnes avec les mêmes atouts que moi ont déjà réussi avant moi
  • 3 – quelles sont les actions concrètes que je peux poser et qui vont venir me prouver que j’avais tort d’avoir cette croyance-là

 

Adrien Vaysset

C’est parfait. Merci beaucoup Mathieu pour tous ces bons conseils. Je pense que, comme vous l’avez entendu, il y a pas mal de choses que vous pouvez faire pour améliorer vos résultats dans votre recherche d’emploi.

Que ce soit pour :

  • Mieux gérer votre stress
  • Gagner confiance en vous

Vous avez plein d’outils sur lesquels travailler. Donc appliquez ces conseils et je suis certain que vous aurez de meilleurs résultats.

Merci Mathieu pour ton temps.

 

Mathieu Soriano

Merci à toi de m’avoir reçu.

 

Adrien Vaysset

C’était très sympa d’échanger avec toi. Je te dis à très bientôt. Merci.

 

Mathieu Soriano

Avec plaisir, et de rien.

 

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