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Comment utiliser le Marketing de soi dans sa recherche d’emploi ? Interview de Sylvie Protassieff

Voici l’interview de Sylvie Protassieff, auteur du livre “Le Marketing de soi” (lien affilié) et experte dans le domaine du Marketing et de la Psychologie, qui partage ses meilleurs conseils pour booster vos démarches de recherche d’emploi !

————-                                  

Vous y apprendrez notamment :

  • Qu’est-ce que le Marketing de soi et comment l’utiliser dans sa recherche d’emploi ?
  • Quels outils utiliser dans sa recherche d’emploi pour se différencier ?
  • Comment améliorer sa confiance en soi ?

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Voici les liens pour accéder aux articles en lien avec ce podcast :

 

TRANSCRIPTION TEXTE DU PODCAST :

Adrien Vaysset

Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast du blog Technique-Emploi.

Je m’appelle Adrien Vaysset et aujourd’hui j’ai le plaisir de me trouver en compagnie de Sylvie Protassieff.

Sylvie qui est à la fois consultante en entreprise, psychologue et psychothérapeute, et également auteur.

Bonjour Sylvie.

 

Sylvie Protassieff

Bonjour Adrien et merci de me recevoir.

 

Adrien Vaysset

Merci à vous de me donner un peu de votre temps. Aujourd’hui nous allons parler de notions de marketing. Comment appliquer des notions de marketing à sa recherche d’emploi pour que celle-ci ait plus d’efficacité.

Sylvie nous fera également part de son expertise au niveau des thématiques d’estime de soi et de confiance en soi.

Sylvie, je vais vous laisser vous présenter en premier. Est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes et quelles sont vos différentes activités ?

 

Sylvie Protassieff

Oui oui.

Déjà j’ai travaillé pendant longtemps dans la fonction commerciale.

Aujourd’hui j’ai des activités assez nombreuses en conseils et formations dans la fonction commerciale, mais c’est également en accompagnement dans les trajectoires professionnelles depuis l’entrée dans la vie active jusqu’à la préparation de départ en retraite. Ce qui est quand même relativement vaste. Et en passant bien sûr par la gestion des pépins professionnels en cours de trajectoires.

Et je pense que c’est pratiquement plutôt là-dessus que vous m’attendez sur votre blog.

 

Adrien Vaysset

En effet.

 

Sylvie Protassieff

Alors je suis effectivement aussi psychologue clinicienne, j’ai donc une vie relativement variée. Et puis, accessoirement, j’écris quelques livres, je participe à des interviews, des conférences etc sur des sujets qui m’intéressent.

Ce que je dois vous dire, c’est que ça fait quand même très longtemps que j’ai constaté que je savais me vendre.

Et j’étais très étonnée de voir à quel point, quand je pense me vendre au niveau des entretiens d’embauche par exemple, je passais ça comme des amusements, des challenges. Et j’aimais bien. Ça me boostait, ça me motivait. Et je me suis rendu compte que je savais bien faire et j’étais toujours extrêmement surprise de voir à quel point, pour la quasi-totalité de mes amis, c’était quelque chose qu’ils redoutaient, ou quelque chose sur lequel ils se considéraient comme pas performants.

Du coup j’ai cherché à modéliser en quelque chose la façon dont je m’y prenais. Ça m’a pris du temps. C’est-à-dire que pendant longtemps j’ai aidé des copains d’une façon ou d’une autre, en lui disant de faire plutôt comme ça, ou pourquoi tu ne fais pas ça etc.

Et puis petit à petit ça a pris forme et c’est devenu ce que j’ai appelé le marketing de soi.

 

Adrien Vaysset

D’accord. Pouvez-vous nous définir ce que représente pour vous cette notion et comment on peut l’utiliser dans sa recherche d’emploi ?

 

Sylvie Protassieff

J’ai appelé ça comme ça parce que d’abord ça va de soi, et aussi parce que quand on parle de marketing les gens voient à peu près de quoi on parle. Et finalement en se calant sur des outils marketing très connus, on finit par très bien pouvoir gérer sa trajectoire professionnelle, pour balayer les différentes actions nécessaires pour trouver du travail.

Et du coup, l’idée c’est puisqu’il s’agit du marché de l’emploi, qui dit marché, dit marketing. C’est tout bête.

 

Adrien Vaysset

D’accord. C’est très intéressant.

 

Sylvie Protassieff

Et personne ne niera qu’il y a bien un marché de l’emploi. On l’entend cette expression-là, régulièrement. Donc puisqu’il y a marché il y a marketing.

Alors bien sûr, il y a une très grosse différence.

Quand une entreprise veut mettre sur le marché un yaourt ou une voiture, elle fait une étude de marché pour trouver l’idée et créer le produit qui va se vendre.

Donc elle fait une étude de marché, avec des fraises, de la mangue, du sucre ou moins de sucre, avec plusieurs fruits etc.

Puis elle fait des tests, des panels de consommateurs pour s’assurer que le produit va se vendre.

Dans le cadre du marketing de soi, on ne peut pas fonctionner comme ça. Pour une raison extrêmement simple, c’est que le produit existe.

 

Adrien Vaysset

Et oui, évidemment.

 

Sylvie Protassieff

C’est nous même. C’est soi-même.

Alors je sais que parfois ça choque certains qu’on parle de produit. J’ai eu d’ailleurs, quand le livre « Marketing de soi » est sorti, quelques remontées un peu désagréables de personnes qui disaient « Mais vous n’avez pas honte de dire que nous sommes des produits ? ».

C’est une image. Évidemment nous sommes des humains, c’est beaucoup plus compliqué que ça. Nous ne sommes pas des yaourts.

C’est une façon de faire visualiser aux gens qu’il y a des musts dans cette démarche de recherche d’emploi sur le marché de l’emploi, et que finalement ça va leur permettre de gagner du temps et d’être plus efficace.

Voilà.

Alors évidemment, vu que nous existons, on ne va pas pouvoir créer un produit spécifique comme un yaourt. Tout ce qu’on va pouvoir faire, c’est l’améliorer pour coller au marché. À son marché.

 

Adrien Vaysset

Oui d’accord, je comprends.

 

Sylvie Protassieff

Je vais vous donner des exemples.

  • Apprendre une langue
  • Apprendre à se servir d’un logiciel.

Parce que dans les types de postes qu’on vise il faut connaitre ça.

  • S’habiller en fonction du secteur d’activité dans lequel on veut aller

Dans la banque on va être en costume cravate même encore maintenant. Mais si on veut aller dans la pub, on va être en tong et en bermuda l’été.

 

Adrien Vaysset

L’idée c’est vraiment de se calquer avec l’image qu’on attend du profil qu’on vise.

 

Sylvie Protassieff

Alors calquer c’est peut-être un petit peu fort et ça pourrait faire réagir un peu négativement les gens. Il faut quand même garder aussi, et c’est une autre notion bien sûr du marketing, que pour se marketer il faut se différencier.

C’est-à-dire que si Danone met en vente un yaourt qui est une copie conforme d’un yaourt qui existe déjà sur le marché, peut-être qu’il ne se vendra pas parce qu’on en n’a pas besoin.

Donc il faut garder une personnalité. Il faut garder une différenciation.

Il faut à la fois s’habiller en fonction du secteur, et en même temps être soi-même.

Et c’est toute la difficulté d’ailleurs du marketing de soi.

 

Adrien Vaysset

Bien sûr.

Après est-ce qu’on peut aussi ne pas considérer que dans tous les cas on va essayer de se mettre en phase avec le secteur qu’on vise, rester soi-même, mais si on a choisi la bonne voie, dans tous les cas ce ne sera pas une difficulté puisqu’on sera en quelque sorte en phase avec le secteur.

 

Sylvie Protassieff

On est d’accord.

C’est-à-dire qu’en principe on est en phase avec le genre de culture du secteur dans lequel on va. Oui tout à fait.

 

Adrien Vaysset

D’accord.

  • Comment peut-on utiliser concrètement le marketing de soi ?
  • Quels outils peuvent nous servir pour différencier et percer sur le marché de l’emploi ?

 

Sylvie Protassieff

Alors j’aime bien la manière dont vous posez la question parce que je vais commencer par dézinguer un outil, qui est le CV.

Quand je vois des gens qui ont envie de changer de boite, ou des gens qui sont en difficulté dans leur entreprise par exemple, la seule chose que j’entends c’est « Je suis en train de refaire mon CV », « Tiens j’ai mon CV est-ce que tu pourrais regarder ? », ou bien « Je lui ai transmis mon CV ». Ils n’ont que ça à la bouche.

Alors évidemment il faut avoir un CV parce qu’il va y avoir un moment où on va en avoir besoin. Mais tout le monde en a un. Donc tout le monde a la capacité de trouver sur Internet un modèle de CV qui tient la route, qui soit bien fait, propre, esthétique.

Donc ce n’est absolument pas différentiel. Et donc quelque part c’est quelque chose dont on a besoin mais c’est l’antithèse du marketing de soi.

 

Adrien Vaysset

En fait le CV, si je résume ce que vous dites, c’est que ça nous fait marquer très peu de points mais ça peut nous en faire perdre si on ne le fait pas bien.

 

Sylvie Protassieff

Voilà. Ça peut nous en faire perdre s’il est mal fait. S’il y a des fautes d’orthographe, ou des choses vraiment rédhibitoires, et il peut aussi nous en faire perdre beaucoup si on le distribue à tort et à travers.

Moi je dis aux gens « N’ayez jamais votre CV sur vous, ne l’envoyez pas comme ça à droite et à gauche, c’est le truc qu’il faut que vous donniez au dernier moment, le plus tard possible on va dire ».

 

Adrien Vaysset

D’accord.

 

Sylvie Protassieff

Ensuite, dans les outils, évidemment il y a les annonces. C’est un outil de recherche d’emploi. C’est indéniable.

 

Adrien Vaysset

Bien entendu.

 

Sylvie Protassieff

On ne va pas se passer de répondre à des annonces.

Le seul problème, la seule chose qui me gêne, c’est que quand on répond à une annonce, le CV et la lettre de motivation vont tomber dans la pile de 250 réponses.

 

Adrien Vaysset

C’est le problème en effet.

 

Sylvie Protassieff

Et du coup ça va être extrêmement difficile de se différencier dans ce contexte, même s’il y a des choses qu’on peut faire, comme par exemple avoir une très bonne photo.

C’est fondamental à mon sens.

Mais ce n’est pas ça, sur 250 réponses, il y en aura bien 150 où il y aura une bonne photo donc ça ne suffira pas.

Ça peut vraiment être extrêmement aléatoire.

Si on veut aller vers la différenciation, qui est une des clés du marketing de soi, ça peut se jouer de différentes façons.

Un petit truc par exemple.

Quand on répond à une annonce. Est-ce qu’à votre avis, de faire la lettre de motivation classique est convenue ?

Du genre « J’ai été particulièrement passionné par votre annonce qui représente exactement tout ce que je recherche sur la vie professionnelle et d’ailleurs votre société correspond pile poil à la société idéale et je suis personnellement absolument la personne dont vous avez besoin. »

On reprend tous les mots clés de l’annonce etc, et tous les candidats font la même chose.

 

Adrien Vaysset

C’est ça. Mais c’est ce qu’on nous apprend. C’est ça qui est triste.

Les rares compétences qu’on nous apprend dans le domaine de la recherche d’emploi, que ce soit à l’école ou dans nos études supérieures, sont calquées sur l’utilisation et l’exploitation du CV et de la lettre malheureusement.

Mais on ne va pas plus loin que ça.

 

Sylvie Protassieff

Voilà. Au niveau de la lettre de motivation, on peut faire autre chose. On pourrait dire « Votre annonce numéro bidule m’a beaucoup intéressée, vous trouverez ci-joint mon CV ». Là pour une fois, du coup, on est différencié.

 

Adrien Vaysset

Absolument D’accord.

 

Sylvie Protassieff

J’ai donné dans mon livre quelques autres exemples mais voilà une idée par exemple. Mais c’est une idée. Ça n’empêche pas que vous allez tomber dans les 250 réponses.

 

Adrien Vaysset

Bien entendu.

 

Sylvie Protassieff

Ensuite ça va se jouer beaucoup au niveau de l’entretien. Et c’est pour ça que j’ai inventé cette idée du super slide.

  • Qu’est-ce qu’un super slide ?

C’est un slide PowerPoint qui résume à lui tout seul, et de façon le plus visuel possible, ce que la personne a à dire sur une de ses compétences.

Et évidemment, une de ses compétences qui, à priori, semblerait utile par rapport à l’annonce qu’elle vise, au poste pour lequel il postule etc.

On peut utiliser un schéma de processus représentatif d’un métier.

On peut par exemple représenter « Je suis RH en PME ». On peut faire en un seul slide le schéma de ce qu’est le métier de RH en PME.

  • Une seule image. Un seul schéma.

 

Adrien Vaysset

Ah oui c’est très intéressant ça.

 

Sylvie Protassieff

Ça peut être aussi un schéma synthétique qui représenterait le contenu d’un module de formation qui a été mis en place. Ou un schéma synthétique qui représente un projet de la personne. Ça peut être aussi 2 visuels, 2 slides.

« Quand je suis arrivé dans mon poste précédent voilà l’état du service avant mon arrivée, et voilà la manière dont je l’ai réorganisé. »

 

Adrien Vaysset

C’est-à-dire, situation initiale j’étais au point A, situation finale j’étais au point B. Entre le point A et B je suis intervenu et forcément le point B est plus valorisant que le point A.

 

Sylvie Protassieff

Ouais. Et du coup c’est quelque chose qu’on va sortir en fonction des questions du recruteur qui va vous demander par exemple « Dans le service pour lequel nous recrutons un manager, il y a une grosse difficulté. Il faudrait réorganiser. Est-ce que vous sauriez le faire ? ».

Alors on ne va pas lui dire qu’on saura faire et on ne va pas lui dire comment on va faire dans le service qu’on ne connait pas. Il vaut mieux donc lui dire « Ce service-là je ne le connais pas donc je ne peux pas trop m’avancer, mais voilà ce que j’ai pu faire et ce que j’ai su faire dans un cadre assez compliqué avec de nombreux dysfonctionnements, et où ça a porté ses fruits ».

 

Adrien Vaysset

D’accord. C’est vraiment intéressant. Et est-ce que ça ne repose pas aussi sur le fait qu’on est très sensible à notre canal visuel ?

C’est-à-dire qu’avoir des informations synthétisées comme à la manière d’une présentation PowerPoint, est-ce que ça n’aide pas le recruteur à absorber l’information et à justement être plus conscient de la valeur que ça a ?

 

Sylvie Protassieff

Absolument.

Une autre façon de se différencier, et pour sortir justement de la réponse aux annonces où on est passif face au marché de l’emploi, c’est de faire soi-même un ciblage des organisations qui nous intéressent.

Je vais tout de suite donner des chiffres. Il ne faut pas s’affoler mais ça fonctionne bien.

  • Pour une recherche d’emploi salarié il faut cibler une centaine d’organisation.
  • Pour une recherche de mission pour un indépendant, c’est 300 ou 400 organisations qu’il faut cibler.

Pour cibler, la personne va devoir se demander dans quel genre d’entreprise ou d’organisation elle a envie de travailler.

Quel genre, ça peut être :

  • Taille
  • Culture
  • Secteur d’activité
  • Le côté géographique

Parce qu’il y a souvent des gens qui me disent « Oui mais moi mon secteur c’est l’automobile, et l’automobile ça ne va pas bien ». Sauf que souvent, on peut élargir à des secteurs un peu connexes dans lesquels on a toute la légitimité parce qu’on vient d’un secteur donné.

À chacun de trouver.

Ensuite, une fois qu’on a fait cette jolie petite liste des entreprises dans lesquelles on a envie de travailler, on va faire des approches, on va prendre des contacts réseaux en essayant de trouver dans son réseau. En fonction du réseau, de ses anciens collègues, de ses anciens managers, de son réseau LinkedIn en prenant les mêmes précautions qu’avec son réseau réel, commencez à voir par quel biais on peut contacter le futur, le potentiel N+1 avec l’organisation avec laquelle on aimerait travailler.

 

Adrien Vaysset

À ce propos, au niveau du ciblage des personnes, de la prise de contacts, vous conseilleriez aux gens de cibler par rapport aux entreprises ? Comment justement prendre contact ? Sous quelle forme ?

 

Sylvie Protassieff

C’est de faire le point sur son propre réseau. Il y a son réseau professionnel. On a forcément tous connu des tas de gens. Même à 28-30 ans on a déjà connu pas mal de gens. Donc c’est déjà reprendre contact avec ces personnes-là.

Pour tous les gens qui ont fait des écoles il y a l’association des anciens. Il faut payer sa cotisation, avoir accès à l’annuaire et voir si dans l’entreprise qu’on vise il n’y aurait pas un ancien de notre école.

On a également, par le biais de LinkedIn, et surtout des groupes LinkedIn, avec des gens avec lesquels on peut échanger, il y a peut-être des gens qui travaillent dans les entreprises en question.

 

Adrien Vaysset

D’accord.

 

Sylvie Protassieff

Ensuite on demande si c’est possible d’avoir un rendez-vous.

Par rapport à cette liste d’une centaine d’entreprises, l’idée c’est de commencer par celle qui nous intéresse le moins. Comme ça on ne se grille pas avec les premières approches.

 

Adrien Vaysset

Un entrainement comme ça.

 

Sylvie Protassieff

Voilà. C’est de l’entrainement. Et au fur et à mesure on est plus à l’aise et puis on y va.

 

Adrien Vaysset

Pour vous, l’approche réseau constitue la partie la plus efficace lorsqu’on est en recherche d’emploi ?

 

Sylvie Protassieff

Ah oui de très loin. Puisque même quand il y a une annonce qui est parue, on sait que la quasi-totalité des embauches se font par réseau quand même. C’est-à-dire qu’il y a un panel de candidats, mais celui qui est soit déjà dans la boite, soit est connu d’une façon ou d’une autre, a toujours un temps d’avance.

 

Adrien Vaysset

Donc ça c’est un excellent conseil.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur les offres d’emploi, c’est beaucoup plus sympa de sortir de chez soi et d’aller rencontrer des professionnels intéressants qui vont non seulement nous apprendre des choses et nous faire progresser dans les démarches de recherches d’emploi.

Donc pensez vraiment à alterner vos méthodes de recherches.

Ne restez pas cantonné chez vous à envoyer des candidatures.

 

Sylvie Protassieff

Absolument, tout à fait.

 

Adrien Vaysset

Ça peut vite être déprimant quand on ne voit pas de résultat positif arriver, et ensuite, on n’utilise pas la puissance que peut avoir notre réseau, la puissance des connaissances qu’on s’est fait depuis longtemps comme dit Sylvie.

Donc n’hésitez pas à prendre contact avec les gens. Les gens sont toujours contents d’aider à condition que ce soit fait de manière polie et éthique bien entendu et non comme une brute sans rien vouloir donner.

Prenez contact avec des gens de votre réseau et progressez jusqu’à rencontrer votre potentiel N+1 comme nous l’a conseillé Sylvie.

Merci pour ces conseils.

Pour terminer, j’ai une dernière question.

Quels outils vous pourriez donner à quelqu’un afin qu’il puisse gagner en estime et en confiance en soi ?

Parce que souvent dans la recherche d’emploi, c’est assez vaste comme question, les gens peuvent manquer de confiance en eux et ne pas oser aborder cette démarche réseau qui en plus n’est pas forcément bien explicité dans nos formations.

Quels outils vous leur donneriez, en plus vous êtes psychologue donc c’est vraiment adapté comme sujet, pour franchir le pas et avoir confiance en eux pour aller rencontrer des gens sans rester sur de simples candidatures derrière leur ordinateur ?

 

Sylvie Protassieff

Il y a des outils de niveaux extrêmement différents.

  • Savoir se présenter en 30 secondes. Savoir pitcher en 30 secondes, en 2 minutes, en 4 ou 5 minutes.

Pour éviter une présentation qui prend une demi-heure et dans laquelle en général les gens ne sont pas bons.

Je préfère des présentations très brèves avec en face une personne qui va poser des questions, plutôt que de dérouler son CV depuis la maternelle.

  • Ensuite, arriver à un entretien en ayant préparé des questions, 10 – 15 questions, adaptées en fonction de l’interlocuteur, ça marche très bien.

La qualité des questions va montrer la qualité technique et professionnelle de la personne. Évidemment je ne parle pas de savoir s’il y une cantine ou des tickets restaurant !

Si c’est le N+1, quels sont les principaux écueils que vous verriez pour réussir dans le poste. Est-ce qu’il y a une personne qui voulait le poste dans l’entreprise. Il y a énormément de questions qu’on peut poser et qui vont montrer la qualité de la réflexion etc.

Ça marche absolument partout, sauf avec les chasseurs de têtes. Qui eux disent « Écoutez, vous verrez ça avec l’entreprise. »

Mais même avec un RH, on ne va pas lui poser les mêmes questions. On peut lui dire « Et dans l’entreprise quelle est la pyramide des âges aujourd’hui ? L’équilibre hommes-femmes ? La culture et les valeurs de l’entreprise ? »

Bref, des questions spécifiques qu’un RH trouvera intéressante et qui du coup vont le faire s’intéresser au candidat.

 

Adrien Vaysset

Bien entendu.

 

Sylvie Protassieff

  • Ensuite, ça peut être répondre aux questions du recruteurs avec des preuves et non pas juste du baratin.

Comme un super slide par exemple.

Après c’est montrer de l’enthousiasme et de l’envie.

 

Adrien Vaysset

Oui il faut toujours que vous soyez enthousiasme.

Je suis persuadé que ce n’est pas le meilleur candidat qui va avoir le poste mais c’est celui qui aura le plus d’enthousiasme et le plus envie de montrer que la place est faite pour lui.

 

Sylvie Protassieff

Tout à fait oui.

Pour la partie confiance en soi, il y a un truc qui pénalise les gens, c’est de se comparer dans le mauvais sens, c’est-à-dire de considérer qu’on est toujours moins que l’autre. Moins que ses amis. Moins que ses collègues.

  • Il faut arrêter de se comparer.

Ça, malheureusement, c’est tellement automatique chez beaucoup de gens que, là c’est la psy qui parle, ça nécessite la plupart du temps un travail sur soi avec un professionnel.

Et ça c’est une autre démarche et là on sort carrément du travail du marketing de soi en tant que tel pour une recherche d’emploi.

 

Adrien Vaysset

Là on passe vraiment dans la case développement personnel.

Puisque c’est la psy qui parle, si on sort justement de la case marketing et qu’on arrive à une approche très développement personnel, quelle est la plus simple action qu’une personne pourrait mettre en place dès aujourd’hui pour commencer à gagner un peu plus confiance ? Quel conseil vous lui donneriez s’il se retrouvait en face de vous dans le cadre de votre fonction de psychologue ?

 

Sylvie Protassieff

J’en ai qu’un seul. C’est respirer.

Et ça, vous allez le trouver dans toutes les techniques pour atteindre une certaine sérénité, pour gérer son stress. Que ce soit le yoga. Que ce soit la méditation. La base de tout ça c’est la respiration.

Les gens qui perdent confiance pendant un entretien sont un peu en apnée. La respiration irrigue le cerveau, oxygène le cerveau et permet d’être beaucoup plus affûté. Elle redonne un esprit d’à-propos.

Quand on ne respire pas suffisamment, on finit par répondre maladroitement.

En plus, respirer permet de temporiser, puisque la respiration va prendre un certain temps, une seconde à peu près, et ça permet de réfléchir pendant ce temps-là.

 

Adrien Vaysset

D’accord. C’est vraiment très intéressant, parce qu’on parle souvent de méditation, de tous ces exercices de respiration comme outils de développement personnel, mais on ne pense pas forcément à l’appliquer vraiment à des situations de la vie courante, comme un entretien d’embauche, comme vous le présentez.

Et bien merci beaucoup Sylvie pour vos précieux conseils.

Comme Sylvie l’a dit :

  • Pensez à apprendre à bien vous présenter en 30 secondes, 2 minutes, 3 minutes, 4 minutes.

Ça c’est vraiment votre outil passe -partout pour avoir une communication attractive et pour attirer les gens à vous.

  • À côté de ça, pratiquez des exercices de respiration.

Pour apprendre à avoir peut-être plus de self-control durant les entretiens et être tout simplement plus à l’aise.

Merci beaucoup Sylvie pour votre temps.

 

Sylvie Protassieff

Merci également.

 

Adrien Vaysset

Vous pouvez également jeter un coup d’œil et acheter le livre de Sylvie « Le marketing de soi » aux éditions Eyrolles qui parle de tout ce que nous avons abordé aujourd’hui et qui bien entendu donne des outils concrets que vous pourrez utiliser dans votre recherche d’emploi.

Merci Sylvie, bonne soirée à vous et à très bientôt.

 

Sylvie Protassieff

Au revoir.

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