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Comment utiliser sa voix pour attirer le succès au cours de sa carrière professionnelle ? – Interview de Christine Moussot

Voici l’interview de Christine Moussot, auteur et coach vocal en entreprise, spécialisée dans l’utilisation de l’outil voix à des fins d’efficacité professionnelle, de bien-être et de lien social.

Christine partage notamment :

  • Quels sont les éléments clés pour maximiser l’impact de sa prise de parole ? (19:05)
  • Des exercices pour préparer sa voix avant une prise de parole (amélioration de la diction et de l’affirmation de soi) ? (20:25)
  • Ses meilleures méthodes pour gérer le stress (respiration, voix, focalisation). (25:35)

Cliquez sur “Play” pour l’écouter ou faites un clic droit ici puis cliquez sur “télécharger” pour le recevoir directement sur votre appareil (par exemple pour l’écouter sur votre smartphone) !

 

TRANSCRIPTION TEXTE DU PODCAST :

Adrien Vaysset

Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouveau podcast du blog Technique Emploi.

Pour ceux qui ne me connaissent pas je m’appelle Adrien Vaysset et aujourd’hui j’ai le plaisir de me retrouver en compagnie de Christine Moussot.

Christine qui est à la fois professeur de chant, chanteuse, auteure, mais aussi coach vocale en entreprise spécialisée dans l’utilisation de l’outil voix à des fins de l’efficacité professionnelle de bien-être et de bien-social.

Donc bonjour Christine.

 

Christine Moussot

Bonjour Adrien.

 

Adrien Vaysset

Merci d’être parmi nous. C’est un plaisir de te recevoir sur Technique Emploi aujourd’hui. L’objectif aujourd’hui c’est de profiter de ton expertise pour apprendre comment travailler et utiliser sa voix afin de rencontrer plus de succès dans notre vie professionnelle, notamment au niveau de nos relations et de la gestion de nos émotions.

Je te propose dans un premier temps de te présenter rapidement. Peux-tu nous dire qui tu es et quelles sont tes différentes activités ?

 

Christine Moussot

Alors je suis Christine Moussot comme tu l’as dit. Je suis coach vocale depuis 2009. Auparavant j’ai obtenu un diplôme d’école de commerce. J’ai fait l’EFCP.

J’ai travaillé pendant 7 ans à peu près en marketing dans de grands groupes comme la SNCF et France Telecom.

Mais j’étais passionnée par la voix depuis toute petite. Je chante depuis que j’ai 4 ans. J’ai toujours été fascinée par la voix, par ce qui était véhiculé par la voix, les émotions, la personnalité. Ça m’a toujours vraiment fasciné.

Et à un moment donné je ne trouvais plus vraiment de sens à ce que je faisais en entreprise et j’avais toujours ma passion pour la voix qui me trottait dans la tête.

Donc je me suis dit pourquoi pas se reconvertir et faire de ma passion mon métier.

J’ai donc décidé de suivre une formation. J’ai fait une école de musique dans laquelle j’ai appris des tas de choses. J’ai fait plusieurs formations de formateur vocal. Là j’en suis même encore actuellement une nouvelle au Danemark. Donc ça fait 3 ans que je me forme au Danemark au Complete Vocal Institute.

Je suis diplômée en juin donc c’est très bientôt.

Je me forme en permanence sur la voix. Et aujourd’hui je coache aussi bien des chanteurs, que des comédiens, que des avocats, des orateurs, des chefs d’entreprises, des hypnothérapeutes. Toute personne qui a besoin de travailler sa voix.

J’ai aussi beaucoup de demandeurs d’emploi qui ont besoin de travailler leur voix pour assoir leur légitimité et démontrer de la confiance en soi. Montrer qu’ils sont vraiment légitimes au poste qu’ils convoitent.

Voilà.

 

Adrien Vaysset

Tu as différents angles d’attaques comme ça dans ton travail. Ça te permet de voir des choses très différentes.

Est-ce que tu peux nous dire l’impact, au final, que la voix peut avoir sur l’image que nous véhiculons ?

 

Christine Moussot

Oui. Alors la voix a un impact à tous les niveaux.

  • Au niveau de l’image
  • Dans la qualité des relations

Je vais expliquer en fait tout simplement.

La voix fait partie du langage non verbal.

Et souvent les gens ont l’habitude de travailler le contenu de ce qu’ils vont raconter. Ils vont travailler pendant des heures et des heures sans relâche à structurer leur discours, à choisir les bons mots.

Ce qu’on fait à l’école pendant 20 ans en fait.

Et finalement ils vont oublier l’aspect non verbal parce que tout simplement ça a l’air d’être juste de l’emballage et ça n’a pas l’air très important. Ça a l’air superficiel.

Mais en réalité, les gens ne savent pas, souvent, que le non verbal compte en réalité pour 93% de l’impact de ce qu’on raconte.

Donc les mots comptent pour 7%, et on travaille que là-dessus pendant 20 ans de notre vie à l’école. Je pense que ça évolue maintenant.

Maintenant j’ai 40 ans donc à mon époque en tout cas on faisait ça. J’espère que ça évolue. Mais c’est vrai que souvent c’est sous-estimé.

 

Alors qu’est-ce que ça va véhiculer le non verbal en général et la voix en particulier ?

La voix qui compte, elle, pour 38% de l’impact du message. C’est-à-dire plus d’un tiers.

Sachant que bien évidemment si je me tiens toute molle je ne vais pas avoir une voix très dynamique. Donc c’est un ensemble. On ne peut pas dissocier la voix du reste.

Ce que ça va véhiculer c’est déjà le degré de confiance en nous.

Si on n’a pas confiance en nous, notre voix va peut-être être un petit peu fuyante.

  • On ne va pas oser prendre l’espace.
  • On ne va pas oser prendre notre place tout simplement.
  • Donc on va se faire tout petit corporellement, vocalement.
  • On ne va pas regarder les gens en face.
  • On ne va pas se tenir droit.
  • On ne va pas avoir une gestuelle ample.
  • On va être tout resserré sur soi.
  • On va prendre le moins de place possible.

Dans la voix ça peut se traduire par exemple par un débit trop rapide.

Je parle le plus vite possible pour monopoliser le moins possible la parole parce que je ne veux pas faire perdre leur temps aux gens pour ce que je raconte, qui n’est pas du tout intéressant forcément.

Ça peut être ce genre de choses.

  • Ça peut être une articulation un peu approximative parce qu’on n’assume pas totalement ce qu’on raconte, donc on mâche un petit peu nos mots.
  • Ça peut être le volume de la voix qui est faible. Et donc là encore qui ne prend pas beaucoup d’espace.
  • Ça va se traduire à plein de niveaux différents.
  • Ça va aussi nous placer dans des rôles, comme je le disais tout à l’heure.

Moi je coache beaucoup de femmes, entre autres. J’ai écrit un livre sur ce sujet qui s’appelle « Femme, fais-toi entendre ».

Et souvent, j’ai des femmes qui ont carrément des voix de petites filles. Donc là c’est vraiment une façon quelque part de chercher l’approbation des autres, un petit peu comme on cherchait l’approbation quand on était enfant.

Donc on se place vraiment dans un rôle d’enfant quelque part. et ça c’est très problématique parce qu’évidemment, comment avoir le dessus dans une discussion si on se place en-dessous. Comment monter dans la hiérarchie si on est petit.

Tout ce que ça va induire, toute la symbolique de la voix et du langage non verbal va induire une perception qui ne va pas être consciente en plus, et c’est ça qui est très vicieux, chez nos interlocuteurs.

Et donc eux vont traduire ça, inconsciemment, et vont nous mettre dans des petites cases, dans des rôles, vont nous coller des étiquettes qui vont nous desservir la plupart du temps puisque ces comportements on les subit plutôt qu’on les choisit la plupart du temps.

 

Adrien Vaysset

En fait, tout ce que tu dis sur les femmes qui avaient leur voix de petite fille et qui cherchaient l’approbation, qui sont en recherche d’emploi ou dans le milieu professionnel c’est très problématique puisqu’au final c’est le comportement inverse qu’on doit avoir si on veut réussir nos objectifs.

 

Christine Moussot

C’est ça.

 

Adrien Vaysset

Assoir sa propre personnalité, ses propres compétences, plutôt que de rester effacé. Et ça c’est un vrai problème.

 

Christine Moussot

Exactement. On ne va pas pouvoir imaginer qu’on peut être autonome ou qu’on peut assumer des responsabilités si la personne en face de nous ne cesse de poser des questions dans sa voix.

Elle peut très bien affirmer des choses mais de manière interrogative, et ça va complètement embrouiller la lecture de son message, et surtout ça va la placer dans un rôle qui n’est pas du tout le bon.

 

Adrien Vaysset

Donc du coup pour toi, qu’est-ce que c’est qu’une voix efficace ? Comment tu définirais une voix qui a de l’impact et qui évite ces problèmes de paraitre trop effacé ou trop en retrait par rapport aux autres ?

 

Christine Moussot

Alors une voix efficace c’est compliqué parce qu’on est tous différent.

Une voix efficace est une voix qui respecte ce qu’on est.

C’est important. Moi je ne suis pas là pour que les gens se déguisent vocalement. Ce serait complètement antinomique de l’affirmation de soi.

Donc moi je crois que l’idée c’est, comme disait Socrate, « Deviens toi-même ». C’est ça qu’on va chercher avec le travail de la voix.

  1. Ce qu’on va faire dans un premier lieu c’est qu’on va chercher à décrypter quelles sont les peurs qui vont nous placer dans un comportement vocal particulier.

On va essayer de rechercher ce qui n’est pas réellement, ce qui n’appartient pas réellement à la personne mais plutôt à son conditionnement, ou des projections qu’on a pu avoir qui le place dans des rôles qui ne l’avantage pas.

Donc moi je vais écouter un peu la voix. Si je vois qu’elle est très effacée par exemple et qu’elle ne prend pas du tout sa place, on va essayer de comprendre pourquoi et on va travailler à prendre plus de place.

Alors parfois dans un premier temps c’est perturbant pour la personne, parce que tout à coup elle se met à parler de manière audible et ce n’est pas toujours facile à assumer même psychologiquement.

Donc parfois il faut faire un travail d’accompagnement en parallèle avec un thérapeute pour accepter de prendre cette place, pour se rendre compte qu’on a tout à fait le droit comme tout le monde de prendre sa place.

Donc moi je vais travailler un peu comme toi. Avec des outils de développement personnel. Ça peut être des affirmations. Ça peut être de la visualisation. Ça peut être des choses comme ça qui vont aider les personnes. Mais parfois on a besoin d’aller encore plus loin avec une aide thérapeutique.

Donc voilà. Déjà une voix efficace c’est se débarrasser de ses peurs, de ses freins et s’exprimer librement.

  1. Ensuite il y a aussi une question, c’est le deuxième point, qui va être de s’adapter à son environnement. Au contexte dans lequel on prend la parole.

Donc avoir conscience qu’on s’exprime mais on parle aussi avec des gens qui sont en face de nous. Et ces personnes il faut les prendre en compte forcément.

On parle pour eux. On ne parle pas pour nous. Sinon on n’a pas besoin d’ouvrir la bouche et on parle dans sa tête.

Donc on doit s’adapter :

  • Au nombre de personnes qu’on a en face de soi.
  • À la distance qui nous sépare de nos interlocuteurs.
  • Notre énergie vocale.
  • Donc adapter notre volume.
  • Notre débit.
  • Nos intonations.

Si par exemple je prends la parole dans le cadre du lancement d’un nouveau projet qui est extraordinaire et qui va faire bosser toute la boite pendant 3 ans, je vais peut-être avoir l’air plus enthousiaste si j’annonce un plan social. Et ce sera plus important d’adapter ma voix. Sinon dans les 2 cas ça peut être très mal vécu.

Avoir l’air trop enthousiaste, parler trop fort, je me souviens et je le dis quand même, dans ma carrière, d’un discours en plein milieu d’un gros changement de l’entreprise, il y avait un gros remaniement d’entités etc. il y avait vraiment une gestion du changement à faire. Et ça avait été très maladroit. Il y avait eu des gros déménagements sur des open-spaces qu’on nous vendait comme si c’était extraordinaire etc alors que c’était juste pour économiser de l’argent. Il faut dire ce qui est.

Les dirigeants faisaient des discours où ils parlaient super fort, avec énormément d’énergie, en pointant les gens du doigt et en leur disant « Est-ce que vous êtes engagé ? ». C’était hyper agressif en fait. Ce n’était pas du tout adapté à l’énergie dont le public avait besoin.

Et ça, ça peut faire des énormes erreurs de management mais aussi de présentation de soi en recrutement, en entretien d’embauche etc.

Donc il faut comprendre vraiment le contexte dans lequel on s’exprime et adapter son énergie vocale. Ça me parait vraiment important et efficace si c’est bien fait.

 

Adrien Vaysset

Effectivement. Donc si je comprends bien ce que tu es en train de dire c’est que l’un des facteurs de réussite pour avoir une voix efficace c’est la calibration. C’est savoir se calibrer à son environnement et au contexte.

 

Christine Moussot

Absolument. Oui oui. Ça me parait incontournable. C’est vraiment important.

Ne serait-ce que pour montrer qu’on comprend bien les enjeux, ce qui se passe, l’environnement dans lequel on se trouve.

Et ça démontre aussi une ouverture. On n’est pas autocentré. On est capable de comprendre un contexte, de comprendre des interlocuteurs, de s’adapter. On a une intelligence émotionnelle et humaine, professionnelle, de part cette capacité à s’adapter vocalement.

Ça va très très loin encore une fois ce que ça va dénoter.

 

Adrien Vaysset

D’accord. Et d’un point de vue plus technique, comment tu définirais le fait de s’adapter vocalement ? Selon un contexte ou un autre ?

 

Christine Moussot

Ça va être :

  • Adapter peut-être son volume.
  • Adapter son débit.
  • Adapter les intonations.
  • Adapter le timbre de sa voix.

Encore une fois si j’ai un timbre hyper souriant alors que je suis en face de 300 personnes ça ne va pas passer du tout. Je ne dis pas qu’il faut surjouer. C’est pareil, si je peux me permettre de citer Emmanuel Macron, je trouve qu’il y a beaucoup de ses communications qui sont ratées à cause de ça. Parce qu’au lieu d’avoir vraiment travailler sur l’intention profonde du discours, on sent qu’il essaie d’appliquer des méthodes et que parfois il va essayer de montrer de l’empathie alors qu’en fait ce n’est pas une empathie qui est profonde. En tout cas moi je ne le perçois pas comme ça, mais je peux me tromper.

Et donc il passe complètement à côté de son message parce que les gens auraient besoin d’une véritable empathie.

Donc il y aurait besoin de travailler peut-être sur plus de profondeur dans l’intention etc. Et le timbre s’adapterait de lui-même.

Là on a juste quelqu’un qui applique une recette, encore une fois c’est selon ma vision de la situation, à qui on a peut-être dit « Là attention, joue-la triste, joue-la modeste, joue-la comme ci, ou comme ça ». Et ce n’est pas incarné en réalité.

 

Adrien Vaysset

Et est-ce que les gens arrivent à le percevoir ça ?

 

Christine Moussot

Je pense que oui. On est plus ou moins sensible. On n’a pas tous la même sensibilité. Mais je suis persuadée que les gens, même s’ils n’analysent pas les choses, même s’ils peuvent être un peu trompé par leur raison parce que, je ne sais pas si ça t’est déjà arrivé, mais parfois on rencontre une personne, on ne la sent pas. Puis après on se dit que quand même ce n’est pas bien de juger sans connaitre la personne. Et tu fais un effort et à l’arrivée, non. Définitivement ça ne passe pas, et on finit par avoir une justification du pourquoi ça ne passe pas et il finit par y avoir des arguments concrets.

Mais au départ c’était juste une impression.

Donc je pense qu’il y a des gens qui ont plus de mal à écouter leurs intuitions, mais je pense qu’on a tous une intuition. Et même si on ne l’analyse pas, si on n’analyse pas l’impression qu’on a, on va percevoir les choses.

C’est comme le charisme.

Le charisme ne se voit pas. Une « aura » ça ne se voit pas. Mais ça se perçoit et ça se travaille surtout.

Donc oui je pense que les gens le perçoivent clairement.

Et je pense que c’est aussi, pour revenir sur ce non verbal et sur ce pourcentage de 93% qui est complètement ahurissant finalement, je pense que l’explication en est que tout simplement quand on est dans le ventre de sa maman, à 5 mois de développement, on commence déjà à entendre les sons. On commence à percevoir des sensations tactiles. On commence à sentir quand la maman est stressée, crispée ou quand elle est détendue. On commence à faire des liens entre les évènements, les émotions, et els sensations physiques.

Et ça c’est extrêmement, ça s’imprime dans le corps de manière très précoce, alors que finalement les mots, on commence à les apprendre quand on a 1 an, 1 an et demi. C’est beaucoup plus tardif.

Donc je pense que le non verbal est imprimé de manière beaucoup plus forte et beaucoup plus précoce dans nos systèmes.

Je pense donc que clairement, on est tous très sensible à ça. Et après il y a des gens qui vont écouter effectivement leur intuition et d’autres un petit peu moins. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne le perçoivent pas.

 

Adrien Vaysset

C’est tout à fait vrai. Ce que tu disais sur le charisme, je rebondis dessus. Le charisme c’est pareil, c’est de la présence avant tout. Et c’est quelque chose de totalement non verbal aussi. Alors évidemment quand on communique bien ça va jouer dessus, mais il y a une grosse part de non verbal aussi. C’est indéniable.

 

Christine Moussot

La présence, c’est à prendre au sens premier du terme. C’est-à-dire que quand on est vraiment là, quand on est vraiment là pour les personnes qu’on a en face de soi et qu’on a une vraie intention vis-à-vis de ce public, la présence est vraiment à prendre au sens premier. Je suis présent à mon corps. Je suis présent à l’autre. Donc j’ai de la présence. Et la présence c’est du charisme effectivement.

Donc il n’y a pas que ça qu’on peut travailler, il y a pleins d’autres choses qu’on peut travailler pour développer son charisme.

 

Adrien Vaysset

Tout à fait. Donc si je résume tout ce que tu nous as dit, parce que tu nous as dit énormément de choses intéressantes, c’est que pour maximiser l’impact que sa voix peut avoir sur notre efficacité professionnelle, sur notre carrière, sur notre capacité à nous vendre en entretien, l’idée c’est d’une part de se calibrer à la personne qui est en face et au contexte que l’on rencontre. Ensuite, très important, de bien maitriser son timbre et son débit, et de s’adapter aussi. Et essayer de rester soi-même. Et surtout se concentrer sur l’intention qu’on a.

 

Christine Moussot

Oui c’est ça. Exactement.

Si je devais le remettre dans un ordre qui me parait peut-être plus « progressif » et plus « logique » dans la chronologie du travail qu’on va entreprendre ça va être :

  1. De vraiment se débarrasser de ses craintes. Donc être pleinement soi-même.
  2. De travailler la technique.
  3. De surtout comprendre à quoi ça sert.
  4. De travailler en définitif son intention.

Ce qui va nous permettre après de pouvoir utiliser les outils techniques mais pas comme des recettes. Juste comme des outils pour servir notre intention.

Et ça c’est très important.

Les outils techniques sont là pour servir notre intention et pas le contraire.

On n’utilise pas les outils techniques juste pour appliquer des recettes.

C’est comme les gens qui demandent ce qu’il faut faire avec sa gestuelle. Moi je dis « Rien ». C’est-à-dire que si vous êtes dans votre intention, normalement ça va se faire tout seul. Et si ce n’est pas votre style de bouger dans tous les sens ou de parler avec les mains, ne le faites pas, parce que ça ne vous ressemblera pas.

C’est vraiment important de ne pas appliquer une recette et d’être vraiment dans une intention profonde et adaptée au contexte bien évidemment.

 

Adrien Vaysset

Tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Est-ce que tu pourrais nous donner quelques exercices pour améliorer sa voix ?

 

Christine Moussot

Alors ça, ça peut être un peu difficile parce que c’est très très vaste.

Dans mon livre je parle de :

  • Travailler sur sa posture.
  • Travailler sur sa respiration.
  • Travailler sur son articulation.
  • Travailler sur sa projection vocale.
  • Travailler sur sa présence physique avec la vibration vocale.
  • Travailler sur ses modulations.
  • Travailler sur les intonations.
  • Travailler sur le rythme.

Donc ça peut être plein de choses. Mais une chose qui va permettre aussi de gérer un peu son trac, ça va être la respiration.

  • Donc une respiration abdominale.

Pour avoir une respiration abdominale naturelle, parce que ça ne marche pas si c’est forcé, c’est comme tout, on va faire attention à garder la mâchoire détendue et entre chaque phrase, entre chaque son, on va relâcher sa mâchoire.

Au début, quand on le pratique on a l’impression d’être un petit peu débile parce qu’on lâche totalement et on a la mâchoire qui pend. Mais c’est vraiment pour permettre à l’air de revenir tout seul à la fin de chaque phrase et ne pas inspirer volontairement, ne pas inspirer activement.

Parce que quand on inspire activement, en général ce qui se passe c’est qu’on inspire thoracique et donc on perd la respiration abdominale.

 

On peut faire des petits exercices du style :

  • .. Et je relâche la mâchoire.
  • J’en refais un. Bzzzzz Et je relâche la mâchoire. Etc.

Ça a l’air très bête mais déjà on sent un petit peu la vibration de sa voix dans sa bouche, donc on va essayer de garder sa vibration. Et puis surtout on va essayer de récupérer l’air de manière naturelle, sans inspirer activement entre chaque son.

Donc on va juste laisser l’air revenir parce que la bouche est entre-ouverte et que l’air peut revenir.

On peut s’amuser, pour aller un petit peu plus loin :

  • Bzzz… Puis un bout de texte sur une autre expiration. Puis je relâche.
  • Bzzz… Et je relâche.
  • Et je continue une nouvelle phrase, et je relâche. Bzzz… Je relâche. Et ainsi de suite.

Donc on peut intercaler des bouts de textes après entre nos Bzzz et essayer de garder un peu la même sensation sur les bouts de textes que sur les Bzzz pour avoir un peu plus de vibration justement, profiter de cette sensation vibratoire.

Voilà, ça, ça peut être un bon exercice pour apprendre à poser sa voix. C’est assez efficace.

Après il faut bien le faire donc c’est toujours un peu compliqué de donner des conseils sans être avec les personnes car tout le monde est différent. Donc je ne travaillerais pas de la même façon avec 2 personnes différentes.

Mais bon, c’est un exercice qu’on peut faire.

 

Une autre chose qui peut être relativement facile à entrainer c’est l’articulation.

L’articulation c’est particulièrement important pour l’affirmation de soi. Puisque comme je le disais tout à l’heure, quand on articule bien on assume vraiment tout ce qu’on dit. On n’est pas en train de dissimuler des mots ou de ne pas oser dire les choses de peur de la réaction de la personne en face.

Donc on va vraiment s’atteler à sentir où est-ce qu’on articule chaque consonne.

Par exemple, si je fais une série :

  • Pa Ka Ta Pa Ka Ta Pa Ka Ta

Je vais m’amuser à sentir le « pe » dans mes lèvres, le « te » à l’avant de ma langue et à l’avant de mon palais, et le « ke » à l’arrière de ma langue et à l’arrière de mon palais.

Et je vais m’entrainer à sentir le son à cet endroit-là et je vais essayer d’imaginer que mon son, que ma voix n’est qu’à cet endroit-là. Pas dans mes cordes vocales, mais à cet endroit-là.

Et ça, ça va être bien aussi pour les personnes qui ont tendance à avoir la voix un peu engorgée, un peu coincée dans la gorge. Ça va ramener le son. Ça va replacer le son dans la bouche. Ça va aider aussi à la projection vocale.

Ça peut être aussi :

  • Ba Da Ga Ba Ga Da
  • Fa Sa Cha Fa Sa Cha
  • Va Za Ja Va Za Ja
  • Mé Né Lé Mé Né Lé
  • Meu Neu Leu Reu

On a fait le tour de toutes les consonnes.

Ce n’est pas très long.

 

Adrien Vaysset

Je te promets que j’essaierais ça tout à l’heure mais hors enregistrement !

 

Christine Moussot

Tu me donneras des nouvelles alors !

 

Adrien Vaysset

Donc ces exercices on peut les réaliser par exemple avant une prise de parole en public ou avant un entretien d’embauche. Donc ça nous permet de préparer notre voix à avoir un bon débit, une bonne diction etc.

 

Christine Moussot

Oui tout à fait. Après il y a peut-être plus ou moins de travail en fonction des personnes et il y a peut-être besoin d’un peu plus de mise en condition aussi pour certaines personnes. Mais ces 2 exercices sont malgré tout assez efficaces oui.

On les fait quotidiennement, ou en tout cas régulièrement. Ils sont assez efficaces.

 

Adrien Vaysset

Écoute je te remercie pour tous ces excellents conseils. J’ai une dernière question Christine. Est-ce qu’il est possible de mieux gérer son stress du coup en travaillant sa voix et comment on peut faire ça ?

 

Christine Moussot

Oui.

Alors comme je le disais à l’instant, la respiration abdominale ça va être un très bon outil de gestion du stress.

C’est assez connu, je n’ai rien inventé à ce niveau-là.

Toutes les techniques de relaxations sont vraiment fondées sur cette respiration abdominale, qui va avoir pour vertu entre autres, de masser toute la région du plexus solaire dans laquelle se coince un petit peu le diaphragme quand one st stressé. On a souvent une boule un peu dans le ventre. C’est le diaphragme qui ne bouge plus et qui est tétanisé. Et quand on respire de manière abdominale on va le remettre en mouvement. Donc ça va masser un petit peu cette zone-là.

Ça va permettre aussi, en ralentissant son rythme respiratoire, de ralentir le rythme cardiaque, donc de gérer un petit peu mieux ses émotions.

Pour les personnes par exemple qui ont tendance à rougir, c’est intéressant de ralentir son rythme respiratoire parce que ça évite d’avoir de gros afflux de sang, et donc des coups de sang. Ça va permettre de canaliser ça un petit peu.

Après, il ne faut pas attendre d’être complètement submergé par le trac pour faire ces exercices bien évidemment. Parce que quand on est submergé par l’émotion c’est un peu trop tard pour réagir.

Donc moi je conseillerais aux personnes qui sont sujettes au trac de s’habituer à faire des petites pauses respiratoires dans la journée, régulièrement. Des exercices de cohérence cardiaque par exemple.

C’est intéressant en tout cas pour revenir à soi, revenir encore une fois dans l’instant présent.

 

Et j’enchaine sur le deuxième conseil pour le trac, c’est justement d’être dans l’instant présent.

Parce qu’en fait, souvent, le trac c’est une projection dans le futur. On va avoir peur « Oh la la je vais me planter… Oh la la qu’est-ce qu’on va penser de moi… Oh mon dieu j’ai une tâche de café tout le monde va le voir… ». Bref, on va se faire des scénarios dans le futur, qui n’existent absolument pas ici et maintenant. Et le fait de revenir à l’instant présent court-circuite ce temps psychologique futur.

Donc on ne peut pas être dans le trac si on est ici et maintenant.

Donc c’est très efficace. Et le simple fait de revenir encore une fois sur ces sensations respiratoires ou sentir le battement de son cœur, sentir s’il fait chaud ou s’il fait froid, sentir les odeurs, écouter les bruits. Tout ce qui nous ramène à l’instant présent va permettre de calmer le stress, le trac.

 

Et le dernier gros conseil que je donne, et on en revient encore une fois à cette histoire d’intention, c’est d’être focalisé sur notre public plutôt que sur nous-même.

Parce que là c’est pareil, souvent le trac vient du fait qu’on se regarde.

Moi ça m’est déjà arrivé, il y a très longtemps, comme ça, de monter sur scène et d’avoir l’impression de me regarder depuis le public et d’être pas du tout connectée à lui, pas être du tout dedans. Et là on a tout perdu.

Donc le fait de formuler une intention, de se dire « Tient ! Qu’est-ce que je vais pouvoir leur apporter aujourd’hui ? », ça va vraiment nous mettre dans une intention forte. Ça va nous permettre de nous mettre dans l’action. Quand il y a par exemple un accident sur la voie publique, on ne passe pas 3 heures à se demander si on va bien faire ou si les gens ne vont pas nous juger si on appelle les pompiers.

On appelle les pompiers et on fait ce qu’on a à faire. Voilà. Donc on est dans l’action.

Le fait d’être dans l’action pour les autres c’est vraiment, je trouve, le meilleur moyen de court-circuiter le trac.

Voilà, ce sont mes 3 conseils, qui en général sont assez efficaces. Donc essayez-les, et tu pourras les essayer Adrien et tu me diras ce que ça donne.

 

Adrien Vaysset

En tout cas je te remercie Christine pour tous ces bons conseils.

 

Christine Moussot

Merci pour l’invitation.

 

Adrien Vaysset

C’était un plaisir. Donc si vous êtes intéressé par le travail de Christine, sachez qu’elle a rédigé un ouvrage « Femme, faites-vous entendre ». Mon intuition me dit que c’est un ouvrage pour les femmes !

 

Christine Moussot

Oui mais les hommes peuvent le lire aussi ! C’est vrai que c’était un petit peu un choix de ma part parce que j’ai eu beaucoup de demandes de la part de réseaux féminins en particulier, en dans la première partie je creuse un petit peu ce pourquoi des voix féminines. Mais tous les conseils, même dans la partie qui creuse le pourquoi des voix féminines, il y a toujours des informations intéressantes parce qu’on a tous des conditionnements vocaux, comportementaux.

Et la deuxième partie fait état de tout le travail technique, tous les exercices y compris ceux que j’ai mentionné. Donc c’est tout à fait intéressant aussi pour les hommes.

Mais il faut acheter une petite couverture pour cacher le titre si on le lit dans les transports…

 

Adrien Vaysset

J’y penserais ! Merci du conseil en tout cas !

 

Christine Moussot

De rien, merci beaucoup Adrien !

 

Adrien Vaysset

J’espère que vous avez apprécié cette interview. Vous voyez, il y a plein d’excellents conseils que vous pouvez mettre en application, que ce soit dans votre recherche d’emploi ou dans votre vie professionnelle tout simplement.

Merci encore Christine et à très bientôt !

 

Christine Moussot

Merci, au revoir !

 

 

 

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