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Entretien d’embauche : Comment améliorer sa voix ? – Interview de Jean Sommer

Voici l’interview de Jean Sommer, coach de la voix et de la prise de parole, auteur et conférencier.

Dans cette interview, Jean partage notamment :

  • 5 exercices simples pour améliorer sa voix avant un entretien (ou une prise de parole) : (10:40), (12:05), (13:04), (14:10), (15:45)
  • Comment être persuasif au téléphone (dans le cas d’un entretien téléphonique, d’une prise de contact, d’une présentation, d’une négociation avec un recruteur…) ? (18:20)
  • Une astuce pour progresser dans ses entretiens : (22:25)

Jean partage également son expertise à travers :

Cliquez sur “Play” pour écouter le podcast ou faites un clic droit ici puis cliquez sur “télécharger” pour le recevoir directement sur votre appareil (par exemple pour l’écouter sur votre smartphone) !

 

TRANSCRIPTION TEXTE DU PODCAST :

Adrien Vaysset

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur ce nouveau podcast du blog Technique Emploi.

Je m’appelle Adrien Vaysset et aujourd’hui j’ai le plaisir de me trouver en compagnie de Jean Sommer. Jean qui est à la fois coach, auteur, conférencier et expert de la voix.

Bonjour Jean.

 

Jean Sommer

Bonjour bonjour.

 

Adrien Vaysset

Merci d’être présent aujourd’hui. Ça me fait plaisir de te recevoir sur mon blog. Donc le travail de Jean attire mon attention puisque lui aussi aide les gens à mieux communiquer. Il leur permet de mieux utiliser leur voix afin d’être plus efficace dans la transmission de leur message.

Jean aujourd’hui va nous faire part de son expertise et nous présenter comment optimiser l’optimisation de sa voix au cours de sa rechercher d’emploi, notamment lors de l’exercice de l’entretien d’embauche, mais aussi des prises de contacts téléphoniques que vous pouvez notamment réaliser dans le cadre de votre démarche réseau par exemple.

Donc je ce que je te propose Jean c’est de commencer par te présenter.

Est-ce que tu peux nous dire qui tu es et quelles sont tes différentes activités ?

 

Jean Sommer

D’accord. Donc je suis effectivement Jean Sommer. Je mets en valeur mon propre nom. Je dis ça parce que souvent les gens, même quand ils s’annoncent, sacrifient quasiment leur nom.

Alors moi je n’ai pas un nom très long mais quand même c’est important de l’entendre, que quand on s’annonce, que ce soit déjà dans la première seconde, je suis là.

Donc Jean Sommer.

Je suis coach de la voix et de la prise de parole. Disons que je dis la voix et la prise de parole parce que la voix appartient à la prise de parole mais c’est vrai que c’est l’outil qui porte les mots.

Et à travers la voix bien sûr c’est à la fois l’élocution, la présence, l’affirmation de soi, la confiance en soi etc etc.

C’est-à-dire qu’à travers une voix on entend immédiatement beaucoup beaucoup de choses qui sont répercutées dans l’inconscient.

On n’analyse pas mais dès que quelqu’un ouvre la bouche on sent tout de suite quelqu’un de confiant, d’inquiet, de souriant, de nerveux etc.

Donc indépendamment du message, je dirais que la voix et le visage sont déjà des indicateurs très très forts.

Alors à l’intérieur de ça, je fais travailler effectivement toutes les personnes qui ont besoin de communiquer, et je le dis souvent, ça va du débutant au président, parce que je vais travailler les PDG, des ingénieurs, des cadres, mais beaucoup également de demandeurs d’emploi, ou des jeunes qui sortent d’une école de commerce, sachant que pour un poste, quand il y a 20 personnes qui se présentent à égalité de diplômes ou de qualités, c’est clair que le recruteur va prendre celle ou celui qui est le plus à l’aise, le plus convivial, qui va être le plus agréable dans une équipe ou qui va être le plus facile parce que s’il doit expliquer comment communiquer il ne va pas rester dans son coin.

Donc cette notion de voix et d’expression orale est aujourd’hui un outil qui est plus que simplement le fait de bien parler et de bien s’exprimer, c’est un indicateur de la personnalité.

 

Adrien Vaysset

Ah c’est très intéressant parce que justement, comme tu le dis, les personnes qui sont demandeuses d’emploi, il y en a tellement que la différence se fait sur des détails. Et au final les recruteurs, moi je suis persuadé qu’ils ne vont pas prendre les personnes qui ont le plus de compétences mais les personnes qui ont le plus envie. Et cette envie se transmet justement dans la voix, dans l’énergie etc.

C’est pour ça que je trouve que ton travail peut vraiment amener de la valeur aux gens qui sont justement en recherche d’emploi.

Selon toi, qu’est-ce qui va caractériser une voix qui aura de l’impact sur le recruteur au cours d’un entretien ?

 

Jean Sommer

Une voix c’est, encore une fois, je dis souvent que la voix c’est notre corps invisible. C’est comme si tu me disais « Qu’est-ce qui caractérise physiquement une personne ? ».

Il y a beaucoup d’éléments.

Pour la voix c’est pareil. C’est invisible mais c’est quand même quelque chose de très plein.

À travers une voix on entend quelqu’un qui est posé ou quelqu’un qui est sous pression. On entend quelqu’un qui a confiance ou quelqu’un qui n’est pas sûr de lui. Quelqu’un qui est dans sa posture d’adulte ou quelqu’un qui parle avec une voix un petit peu gentille.

Ce n’est pas bien méchant mais on ressent tout de suite quelqu’un qui est encore dans l’adolescence, je parle bien sûr d’un jeune, dans une forme d’immaturité. Le recruteur va peut-être se dire « Oui ce garçon est très sympathique mais pour l’instant il n’est pas prêt. »

Donc la voix indique également la posture d’adulte. Est-ce que je suis dans ma voix confiant avec ce que j’ai à dire, ou est-ce que je suis un petit peu inquiet et que je me dépêche de parler et que je vais vous expliquer.

Au fond, la voix c’est aussi, il y a un mot qui résume très bien ce qui se passe, c’est le mot « expression ».

Expression. C’est-à-dire gérer la pression, sortir la pression. Et tout ce que l’on dit c’est notre gestion de la pression.

Si je parle vite, si je parle à voix haute, je suis sous pression, et bien sûr, inconsciemment, je transmets la pression à celui qui m’écoute.

Dans la voix, ce sont tous ces éléments qui ensuite bien sûr vont se répercuter sur les personnes de manière différente.

  • Il y en a qui vont parler trop vite.
  • Il y en a qui ne vont pas respirer.
  • Il y en a qui vont parler avec une voix à l’intérieur, on sent que ça ne sort pas complètement.
  • Il y en a d’autres qui au contraire qui vont parler avec une petite voix comme ça.

À travers ces indices, les gens, le recruteur ou autre, n’analyse pas mais ressent. Tu vois ?

 

Adrien Vaysset

Oui je comprends.

 

Jean Sommer

Donc il y a autant de manifestations que de caractères, que de styles. Mais c’est clair qu’aujourd’hui je trouve souvent que c’est même injuste parce que tu as des gens de grande qualité qui ne sont pas recrutés ou qui passent à côté alors qu’ils ont de très grandes valeurs.

C’est qu’effectivement, comme tu le disais tout à l’heure, on recrute à l’impression, à la personnalité, et plus ça va et plus ça va vite.

 

Adrien Vaysset

Tout à fait.

 

Jean Sommer

Je me souviens même d’un directeur de banque qui me disait « Moi quand je recrute… », pour faire court, on reçoit 200 CV, il y en a 150 mettons qui vont à la poubelle, pour faire court, il y en a 50 qu’on épluche, on les appelle. Sur les 50 il en reste 10 car au téléphone on entend tout de suite la voix. Et il me disait « Quand la personne entre dans mon bureau, au moment où il ouvre la porte et où il arrive à mon bureau, je sais qui il est. »

 

Adrien Vaysset

Très intéressant ça.

 

Jean Sommer

Ça montre tu vois, de plus en plus vite. C’est pareil au téléphone. Si tu es conseiller au téléphone et que quelqu’un t’appelle et que tu dis « Bonjour, oui je vais m’occuper de votre dossier, oui, alors oui… ». Tout de suite le client va se dire « Alors putain ça va trainer ». Donc ça va très vite.

Ça ne se posait pas il y a 10 ou peut-être même 5 ans. On est dans un monde qui est effectivement avec une personnalité perçue, ressentie, à une valeur de plus en plus forte.

 

Adrien Vaysset

Oui c’est très intéressant. Et du coup cette personnalité peut s’exprimer à travers la voix.

 

Jean Sommer

Essentiellement à travers la voix.

 

Adrien Vaysset

Et du coup, quels exercices en général tu proposes à tes clients qui sont chercheurs d’emploi et qui auraient besoin justement de gagner en impact avec leur voix au cours d’un entretien ?

 

Jean Sommer

Pour ceux qui font vraiment une démarche complète, je donne des formations de 2 jours et on travaille sur :

  • Tout ce qui est posture
  • Tout ce qui est respiration
  • Tout ce qui est voix même

Parce que quand ta voix est décalée il faut la remettre à sa place.

  • Tout ce qui est élocution
  • Tout ce qui est modulation
  • Tout ce qui est sourire
  • Tout ce qui est rythme
  • Tout ce qui est variation

Et on travaille ce que j’appelle la posture du soliste.

C’est-à-dire que, alors ce n’est pas que pour les demandeurs d’emploi, c’est aussi pour des gens qui vont faire des exposés, qui vont donner une conférence etc, comment prendre la parole devant un groupe et se sentir légitime.

En fait « devenir le patron de sa parole ». Voilà.

 

Adrien Vaysset

D’accord. Et est-ce que tu auras là un exercice pratique à proposer à ceux qui écouteront ce podcast ?

 

Jean Sommer

C’est drôle parce que juste avant de t’avoir au téléphone, j’ai eu un monsieur au téléphone qui me dit « C’est drôle parce que je suis en train de faire un de vos exercices parce que dans 10 minutes je passe un entretien d’embauche. »

 

Adrien Vaysset

Ah et bien c’est génial ! Tu as appelé au bon moment.

 

Jean Sommer

Disons qu’il y a des exercices qui sont sur la posture. Parce que quelques minutes avant tu ne peux pas faire grand-chose. Tu peux simplement rectifier la procédure. Tu peux respirer. Tu peux essayer de retrouver du calme. Mais tu ne vas pas te refaire en 2 minutes.

Un premier exercice, sachant que beaucoup de gens, inconsciemment dans nos vies quotidiennes, sont un peu passés sur eux-mêmes, parfois un peu avachis.

  1. C’est simplement se redresser.

Pour ça, je propose un exercice très simple, ce que j’appelle le tuyau de poêle ou le double menton.

C’est-à-dire quelqu’un qui est assis ou debout, simplement rentrer le menton, ce qui fait que ça étire la nuque et ça ouvre le torse. Rentrer le menton et relâcher. Le faire 3 fois et relâcher. Et ressentir qu’on se grandit quelque part.

On se grandit, et encore une fois là aussi, ce qui est important, le thorax s’ouvre.

En fait, c’est à travers le thorax qu’on donne une image ouverte ou refermée de soi.

 

Adrien Vaysset

Absolument.

 

Jean Sommer

Ça c’est déjà important. Et c’est aussi parce qu’on aura réaligné la tête et ouvert le thorax que la voix sera plus large.

Si tu as la poitrine comprimée, les côtes rentrées, ta voix va être complètement étouffée. Ça c’est une chose.

  1. Faire résonner sa voix.

Pour quelqu’un qui peut, par rapport à la voix, il y a une petite chose qui, il faut que la personne ait un endroit où le faire un petit peu, c’est simplement faire des « mmmmmm » en essayant de faire résonner sa cage thoracique.

C’est pas des « mmmm » dans le nez. C’est comme si ton corps était creux, comme si c’était un tonneau et qu’en faisant « mmmmm » tu sentes que ta voix résonne à l’intérieur.

 

Adrien Vaysset

D’accord.

 

Jean Sommer

Il y a beaucoup de gens qui ont justement une petite voix, un petit peu dans le nez, un petit peu haute. Et c’est des voix parfois un petit peu énervante et qui ne corresponde pas à la vraie voix de l’adulte.

Ça on ne va pas le régler en quelques minutes, mais simplement avec des « mmmmm » ça redonne du coffre à la voix.

Il y a un troisième exercice par rapport à une prise de parole immédiate.

  1. Il faut faire 3 inspirations complètes et lentes.

J’inspire et je sens qu’à l’inspiration mon ventre se gonfle un petit peu comme si je me remplissais comme une cuvette. D’accord ?

Je garde les reins un peu en suspend et je relâche.

 

Adrien Vaysset

C’est une respiration abdominale.

 

Jean Sommer

Oui une respiration abdominale mais qui en même temps ouvre un petit peu la sphère du crâne tu vois ?

  • Ça, ça peut calmer la pression liée au trac par exemple.
  • Ça peut aussi calmer la tendance à parler vite aussi.

 

  1. Il y a un exercice à faire dans les minutes qui précèdent, mais pas dans la salle où il faut passer, c’est l’exercice avec le crayon.

Prendre un crayon entre ses dents et dire quelques phrases avec ce crayon entre les dents.

Comme je bloque la mâchoire, j’ai les dents serrées, ça m’oblige à articuler avec toute la bouche.

D’un côté ou de l’autre. Parce que bien souvent, quand on est intimidé, et même de manière presque quasi automatique, beaucoup de gens parlent uniquement avec la bouche mais sans articuler.

Ça a tendance à marmonner.

Il faut comprendre qu’il y a une participation de visage dans la prise de parole.

On est toujours dans la voix. Mais pour faire court, si je n’ouvre pas, je la ferme.

L’école nous a appris à la fermer. Tout ce que j’enseigne aux gens c’est de l’ouvrir.

 

Adrien Vaysset

On est parfaitement d’accord là-dessus.

Et ce que tu dis est indéniable parce que quand tu dis que le visage et ses manifestations participent au message qu’on transmet, moi j’ai été commercial, et la première chose qu’on m’a appris c’était de sourire au téléphone. Et ça s’entend.

 

Jean Sommer

Pour compléter justement ce que tu viens de dire aussi par rapport au visage.

Quand tu vas faire une prise de parole et que tu vas te présenter à un entretien, un petit exercice 2 minutes avant.

  1. C’est de faire un massage du visage.

C’est-à-dire que :

  • Tu commences par masser le front.
  • Tu fais les tempes. Ça s’appelle détendre le masque.
  • Tu fais le pourtour des yeux avec un index, dans un sens puis dans l’autre.
  • Tu masses les joues.

Et en même temps ça fait un bien fou.

  • Après tu relâches parce que tu es tout rouge.
  • Tu relâches, tu laisses détendre.

Ce qui fait que quand tu vas arriver face au recruteur, tu ne vas pas être crispé. Notre visage porte l’empreinte de ce qu’on a vécu avant.

Si par exemple, quelques minutes ou une heure avant tu étais le nez sur l’ordinateur ou sur un dossier, ou dans des embouteillages un petit peu concentré, le visage s’est figé, s’est fermé.

Et quelqu’un que tu vas rencontrer ne sait pas ce qu’il y a. il va te voir arriver et va voir quelqu’un avec un visage un peu fermé et va se dire « Oulala… ça va être un peu emmerdant… »

Donc vraiment, c’est te détendre.

 

Adrien Vaysset

Très bons conseils que tu nous donnes là.

Tout à l’heure tu nous as parlé également de la voix de certains commerciaux ou de personnes qui ont besoin d’utiliser leur téléphone dans leur travail.

  • Est-ce que tu peux nous dire les erreurs qu’il faut éviter lorsqu’on choisit de prendre contact avec quelqu’un qu’on ne connait pas encore ?

Par exemple dans le cadre d’une démarche réseau lors de notre recherche d’emploi, on peut être amené à contacter des gens qu’on nous a recommandé ou tout simplement des recruteurs pour faire avancer les candidatures sur lesquelles on est.

  • Est-ce que tu peux nous dire quelles sont les choses à éviter et qu’est-ce qui va caractériser une prise de contact téléphonique impactante ?

 

Jean Sommer

C’est d’autant plus intéressant parce que je fais travailler des centres d’appels aussi. Je parlais surtout de la prise de parole en public, mais je fais travailler des centres d’appels plus ou moins sensibles, comme les assurances où effectivement il y a des demandes par rapport à l’argent, à des dommages, à des sinistres par exemple.

Ce qui est sûr, c’est que le téléphone est une manière de corps invisible. La voix au téléphone est un corps invisible.

Tu vois, ce que j’ai fait tout à l’heure en énonçant mon nom, essayez, quand vous vous présentez au téléphone, respectez votre nom et facilitez l’écoute à celui qui vous entend.

S’il ne vous connait pas, s’il ne connait pas bien le nom, déjà, si c’est flou, si c’est pas clair, inconsciemment on cherche à retrouver quand il y a un mot qu’on ne comprend pas.

Donc posez votre nom. « Bonjour, je suis Untel. Je vous appelle pour telle raison ».

  1. Posez la chose.

Je sais bien qu’on a tendance, justement parce qu’on est au téléphone et qu’on va parler vite, mais au contraire. Et ce que tu disais tout à l’heure est vrai, c’est-à-dire commencez avec le sourire, comme on ouvre une porte.

Peu importe les mots, mais être dans l’ouverture. Être dans la précision. Parce qu’il ne faut pas oublier une chose, c’est que quand on parle, là quand je vous parle, je vous soumets à mon rythme. Je vous oblige à suivre mon rythme. C’est-à-dire que si je vais trop vite, au bout d’un moment vous allez décrocher. Si vous ne comprenez pas un mot, ça va accrocher et petit à petit ça va décrocher.

Et au téléphone c’est un petit peu ça.

Au téléphone, comme on n’a pas l’interlocuteur, on n’a pas la présence physique, on a tendance à parler tout seul, à toute vitesse. On oublie que dans une parole, il y a bien sûr des intonations, il y a des silences, il y a des relances, il y a du rythme.

Ça c’est tout ce que je fais travailler parce que c’est finalement une vraie culture.

C’est sans arrêt, pensez à l’autre.

  • Est-ce que je suis clair ?
  • Est-ce que ça l’intéresse ?
  • Demander parfois si c’est clair pour vous ou est-ce que vous voulez que je précise.
  • On va prendre en compte.

Si on déballe tout trop vite, ça emmerde tout de suite.

  • On a envie d’avoir des humeurs.
  • On a envie d’avoir un humain.

Et là aussi la voix fait tout de suite autorité ou défaut.

Si je téléphone pour une assurance et que j’entends quelqu’un qui me parle avec une voix aigue et rapide, ça commence à me gonfler, ça m’emmerde.

C’était il y a 10 ans. Le sourire de façade.

J’ai envie d’un adulte qui me parle normalement quoi.

Donc c’est quelque chose qui, au téléphone, s’entend.

L’exercice qu’on a fait pour la diction, que j’ai proposé avec le crayon, c’est bien par exemple. Mais ce n’est pas à faire une fois. C’est pour quelqu’un qui a un petit peu de paresse articulatoire, le faire pendant 15 jours ou 3 semaines pour que ce ne soit pas la volonté qui travaille mais que ce soit les muscles qui l’aient enregistré. Que ce soit la mémoire temporelle qui travaille.

Tant que je me dis « ah ouais il faut que je fasse un effort de diction », le cerveau ça l’emmerde ça. Le cerveau n’a pas envie de se dire qu’il faut faire ça.

Comme quelqu’un qui s’entraine au yoga ou à la course à pieds. Il y a un moment donné faut que ce soit le corps qui fasse le job.

 

Adrien Vaysset

Donc au final, ces astuces-là peuvent aider sur le moment et peuvent faire un travail long terme pour pouvoir s’améliorer et performer tout simplement.

 

Jean Sommer

Je dirais même une chose dont on n’a pas parlé mais dans la mesure où vous pouvez répéter avant.

Aujourd’hui on a des outils formidables qui sont tellement faciles, comme s’enregistrer, se filmer. Même si vous passez un entretien, si vous pouvez, filmez-vous-même 2 minutes avec un smartphone une semaine avant, 3 jours avant, peu importe.

Ça ne sera pas la situation réelle, on est d’accord. Mais ça va vous donner des informations sur comment les autres vous voient et quels sont certains tics, certains trucs.

Ça va vous permettre de faire un brouillon de la situation réelle.

C’est un petit peu comme tous les matins quand on se regarde dans le miroir. Pour savoir où on en est, savoir quelle gueule on va avoir pour aller rencontrer des gens. Simplement être bien.

La prise de parole, à partir du moment où on se présente devant les gens et qu’on ne s’est pas vu dans le miroir, on ne sait pas comment on est reçu.

On ne sait pas comment les gens nous voient si on ne s’est pas vu.

Ça parait tout bête.

 

Adrien Vaysset

Et peu de gens le font de s’enregistrer et d’être critique sur eux-mêmes. Et c’est bien dommage.

Comme tu dis avec tous les outils qu’on a aujourd’hui, même demander à quelqu’un de notre entourage de nous écouter et éventuellement de nous filmer, de dire ce qu’il en a pensé, c’est vraiment un très bon moyen de progresser je trouve.

 

Jean Sommer

Et ça c’est l’affaire d’une génération. Je pense que les plus jeunes qui vont arriver le feront quasi automatiquement.

 

Adrien Vaysset

Je l’espère.

 

Jean Sommer

Pour beaucoup de gens aujourd’hui c’est encore nouveau. Certains se filment sur Facebook, font des selfies etc, mais c’est pas dans le cadre professionnel. Mais je suis quasi certain que petit à petit, dans 2, 3 ou 5 ans, ça va être des automatismes.

Comme aujourd’hui, par exemple, il y a beaucoup de gens qui se mettent à la conférence. Il y a une montée avec la conférence.

J’ai encore été appelé aujourd’hui pour faire travailler un groupe de jeunes. C’est quelque chose qui n’existait pas il y a 5 ou 6 ans tu vois.

Et tout ça fait que l’expression de soi est en train de s’affiner, de s’affirmer, et que de plus en plus, quand tu commences à prendre un peu la parole tu te compares à d’autres. Tu te compares à quelqu’un qui est meilleur. Tu veux devenir meilleur.

Tu t’es ramassé 5 ou 10 refus à un entretien et que tu comprends qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Tu te dis qu’il y en a marre, que t’es aussi bon qu’un autre. Donc tu vas aller chercher ce qui ne va pas.

C’est peut-être ton argumentaire, ton image.

On est dans un monde où la visibilité de la personne, son savoir être et son savoir paraitre sont très importants.

Ce sont des outils.

 

Adrien Vaysset

Tout à fait. Et on a aussi la chance de vivre une révolution en informations en même temps. Aujourd’hui on a accès à des outils, notamment sur Internet, et je pense à YouTube que tu connais bien, qui sont de formidables outils pour apprendre et pour progresser dans divers domaines.

Que ce soit pour communiquer, pour argumenter sur soi. On n’avait pas accès à toutes ces informations il y a quelques années.

Et ça c’est vraiment un progrès je trouve.

 

Jean Sommer

C’est magique. Regarde, moi qui suis beaucoup plus âgé, je me souviens que pour faire des photos il y a 20 ans en arrière, il fallait avoir un appareil photo. Donc tu faisais des photos quand tu partais en vacances, exceptionnellement. Maintenant tu fais des photos à tous les coins de rues.

Tu n’y penses même plus. C’est automatique.

Je pense que la maitrise de soi par rapport à l’image va également progresser comme ça.

Petit à petit les gens vont se dire « D’accord, je me regarde, d’accord ça c’est bien ». Bon.

 

 

Adrien Vaysset

Ok bien c’est parfait. Merci pour tout Jean.

 

Jean Sommer

Un dernier conseil pour ceux qui vont passer un entretien.

 

Adrien Vaysset

Oui ?

 

Jean Sommer

  1. Soutenez tranquillement le regard.

La voix va avec le regard. Moi je dis souvent la voix porte où le regard porte.

Si mon regard est flou, ma parole va être un petit peu floue, tâtonnante.

Si mon regard est déterminé, je ne dis pas insistant ou persistant. Mais simplement correct, je suis là, je parle à une personne, on est 2 adultes. Donc avoir un regarde présent.

Ça c’est très important. Et ça peut se travailler dans la vie au quotidien parce que ce sont autant de choses qu’on ne nous a pas appris à l’école et qui font aujourd’hui partie de la communication.

 

Adrien Vaysset

Absolument. La présence à l’autre notamment c’est fondamental.

D’ailleurs c’est aussi un super outil pour enrailler le stress puisqu’en se concentrant sur le moment présent, à notre environnement, à nos sens etc, on arrive à enrailler les projections fictives qu’on se fait, qui sont par exemple « Je ne vais pas y arriver, je ne suis pas assez bon ».

Ça va nous permettre justement de plus se connecter à la personne qui est en face de nous.

 

Jean Sommer

C’est exactement ça. Tu as tout à fait raison.

Alors quand je dis « répéter », il y a une chose importante, c’est pour automatiser un maximum de choses parce que c’est vrai que quand on arrive en situation, avec l’émotion, souvent on perd 50% de ses moyens. Donc si vous vous êtes construit à l’intérieur une forme de solidité, même si vous perdez un petit peu de moyens en situation, vous aurez quand même un socle qui est là.

Si je ne me suis pas préparé je vais beaucoup plus être soumis aux émotions.

 

Adrien Vaysset

C’est indéniable. De toute façon un entretien, pour moi, ça se prépare.

Si on ne l’a pas préparé à quoi ça sert d’y aller puisqu’on y va quand même pour avoir un boulot donc il faut que ça nous intéresse sinon il n’y a pas d’intérêt.

 

Jean Sommer

C’est clair.

 

Adrien Vaysset

Parfait. Merci pour tous ces excellents conseils Jean.

Je pense qu’on a appris pas mal de choses aujourd’hui et je pense que les personnes qui écouteront ce podcast auront du travail pour leur recherche d’emploi.

 

Jean Sommer

Et je leur souhaite surtout de la réussite.

 

Adrien Vaysset

C’est très gentil de ta part.

Merci d’avoir été présent aujourd’hui, ça a été un plaisir pour moi d’échanger avec toi, et j’ai beaucoup appris aussi. Donc merci encore et à très bientôt.

 

Jean Sommer

À très bientôt Adrien et merci à toi, bye bye.

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